Des nouvelles de « L’objet qui parle »

Depuis le lancement du projet autour de la collection du designer Philippe Diricq, le projet « L’objet qui parle » ne cesse de se développer et permet aux étudiant·e·s et aux enseignant·e·s de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège d’envisager différents axes de travail. Il est aussi devenu l’intérêt d’une jeune artiste-chercheuse qui vient de commencer sa résidence à l’ESA, Kim Cappart.

 

 

Initiative du Groupe de travail Recherche, le projet « L’objet qui parle » a débuté en septembre 2019. Opportunité de collaboration pédagogique inter-section autant que point de départ d’activités de recherche, ce projet s’appuie sur une partie de la collection du designer Philippe Diricq, qui a confié un peu plus de 200 objets à Saint-Luc. Dès son arrivée, la collection a suscité l’enthousiasme d’étudiant·e·s et d’enseignant·e·s de différentes sections, qui ont pu utiliser ce “support pédagogique” hors-norme. Design industriel, Communication visuelle et graphique, Architecture d’intérieur, Conservation-restauration des œuvres d’art, Photographie… sont les premières sections à exploiter la richesse de la collection. Sans compter les classes de dessin et croquis de toutes les disciplines artistiques, qui se sont succédées pour profiter de cette collection remarquable. Dans deux ou trois ans, les objets présents à Saint-Luc rejoindront l’ensemble auquel ils appartiennent, dans le futur musée Design Innovation à Charleroi. D’ici-là, la collection est à la disposition du corps enseignant !

 

 

Un exemple concret d’utilisation de la collection

Les étudiant·e·s de première année de la section Photographie, dans le cadre de l’atelier Studio avec Nathalie Noël, ont utilisé et mis en scène des objets, comme ce téléphone Lady, l’un des objets les plus appréciés de la collection – le combiné n’est-il pas un objet qui parle ? Les travaux réalisés cette année seront présentés lors de l’expo de fin d’année, en relation avec les objets de la collection et des travaux d’autres sections qui s’en inspirent également, le tout dans un dispositif scénographique conçu par quatre étudiantes de master en Architecture d’intérieur, option scénographie.

© Maureen Bougnet 2020.

 

Une collection qui « parle » à Kim Cappart

L’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège accueille depuis le début du mois de mai une jeune artiste-chercheuse en résidence : Kim Cappart, qui a obtenu une bourse “Un futur pour la culture” de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celle-ci vise à encourager les artistes, et en particulier les artistes émergents, à consolider leur pratique à travers un projet en « compagnonnage ». Kim a choisi d’ancrer son travail d’exploration et de recherche artistique au Département recherche, dans le projet « L’objet qui parle ». Après une première visite de la collection en août dernier, elle élaboré un projet personnel qu’elle nous présente ci-dessous.
Sa proposition représente une réelle opportunité d’explorer un chemin singulier et innovant pour arpenter les enjeux contemporains liés à « L’objet qui parle ».  En effet, dans une démarche associant des réflexions suscitées par la collection (et les travaux déjà réalisés) à un processus participatif, l’artiste s’attachera à concevoir et à produire une œuvre originale, qui deviendra elle-même un ancrage pour des recherches ultérieures et pour la coopération avec nos partenaires muséaux à Charleroi. De plus, son projet rejoint des préoccupations de la scénographie (Architecture d’intérieur) et du design social (Communication visuelle et graphique).

 

Kim Cappart avec un objet de la collection Diricq

 

Kim, peux-tu retracer ton parcours ?
J’ai obtenu mon diplôme de master en scénographie à Saint-Luc Bruxelles en 2017. Depuis mon mémoire intitulé « Comment la scénographie d’exposition peut aider à sensibiliser les publics sur des problématiques contemporaines dans un musée de société ? », j’ai ancré mon travail dans le secteur muséal. J’ai tenté de remonter à la racine du travail scénographique dans l’exposition pour enclencher des facteurs de changement dans l’intervention du scénographe. J’ai beaucoup d’intérêt pour le combinaison entre la savoir, la théorie d’un domaine, et la pratique artistique. Au-delà de la scénographie, je suis artiste, et j’ai envie d’expérimenter plusieurs compétences artistiques pour créer une sorte de force hybride sur un projet global, un projet d’exposition. C’est la notion de scénographe-auteur, que j’ai esquissée dans mon mémoire et que je voudrais développer à travers ce projet exploratoire.
Durant près de deux ans, j’ai travaillé sur des expositions “Public à l’œuvre” : j’ai fait de la gestion de projet, de la coordination, pour l’association Arts et publics qui soutient ces expositions. J’ai donc pu approcher les coulisses logistiques d’un projet. J’ai également suivi une formation en médiation culturelle.

Quelle est ta proposition dans le cadre de la bourse que tu as obtenue ?
Au départ, j’étais venue à Saint-Luc Liège pour envisager un projet de recherche FRArt, pour lequel j’ai également postulé, quand l’appel de la FWB a été lancé. J’ai découvert la collection de Philippe Diricq. J’ai eu l’idée de combiner ma recherche avec les travaux interdisciplinaires sur “L’objet qui parle”. Pour moi, c’est une base concrète pour tester un processus, qui reste encore assez abstrait dans ma tête. C’est un beau prétexte pour me concentrer sur ma recherche à travers cette collection d’objets. “L’objet qui parle” a résonné à ce que je faisais pour « Public à l’œuvre » : faire parler les objets dans un commissariat participatif, avec des citoyens non-professionnels. On faisait partager des expériences personnelles à partir d’objets des musées. L’objet peut produire des récits différents en fonction de qui s’exprime à son sujet. L’objet devient un médium. Il ne s’agit pas seulement de parler de son fonctionnement. Je voudrais organiser des ateliers de réflexion participative, des “conversations” avec des objets, pour faire surgir des thématiques à partir d’eux. Ensuite, je m’attellerai à la conception de l’œuvre-installation à partir de réflexions collectives autour de la collection, J’ai envie de me laisser influencer par les autres mais l’œuvre qui sera produite restera une impulsion personnelle, qui pourrait d’ailleurs aller vers le contraste. Actuellement, je n’ai pas d’idée précise sur le résultat que je pourrai obtenir. Impossible de dire dès à présent ce qu’il adviendra au terme de cette résidence! En revanche, le processus exploratoire sera partagé grâce à un carnet de recherche.

Il y a aussi une forme d’engagement dans le travail que tu envisages…
Oui, j’aimerais que les expositions proposent des visions sur des actions concrètes que chacun peut mettre en œuvre. Il y a une vraie notion d’engagement, la recherche d’un impact sur le visiteur, sans que ce soit une leçon de morale. À travers la collection Diricq, il y a vraisemblablement des thématiques sociétales et contemporaines à explorer.

 

Rédaction :

Noémie Drouguet

Please Touch !

Depuis le mois de février, Hilke Vervaeke et Sylvie Leroy, enseignantes au sein de la section Design Industriel de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, bénéficient toutes deux d’un détachement “recherche“ pour entreprendre et concrétiser un projet de recherche commun, intitulé Please Touch !  Coup de projecteur sur celui-ci !

 

Pour la première fois, la Commission recherche, dont l’une des missions est de revoir les balises du soutien à la recherche, a envisagé la possibilité pour un·e enseignant·e d’être détaché·e d’un ou plusieurs cours pour réaliser un projet de recherche au sein de l’ESA. Cette possibilité concerne les enseignant·e·s de l’école, toutes sections confondues.

Le projet de recherche Please Touch ! est ancré dans le programme de recherche interdisciplinaire L’objet qui parle, lui-même basé sur la collection de design de Philippe Diricq utilisée par les deux enseignantes depuis l’année passée. A leurs yeux, ces objets sont apparus comme des points de départ pour entreprendre des expérimentations avec les étudiant·e·s dans le cadre de l’atelier Recherches formelles en B3 DI.

 

 Rencontre avec Hilke Vervaeke et Sylvie Leroy

 

Comment le projet Please Touch ! est-il né ?

Le constat des travaux menés l’an dernier avec la collection Diricq est que l’étude des objets anciens, la manipulation, l’observation de leurs formes et mécanismes a eu l’effet de “booster” l’imaginaire des étudiant·e·s et la création de nouvelles formes, matières et objets. Notre projet a pour ambition de développer la perception multisensorielle, et particulièrement la perception tactile, comme moteur de création. Outre l’approche sensible, nous voulions aussi aborder les dimensions psychologiques, anthropologiques et sociologiques qui peuvent influencer la perception des formes. Le toucher donne énormément d’informations sur notre environnement et influence le comportement de l’utilisateur. Après les premières explorations, nous nous sommes rendues compte de la richesse de ce domaine et nous avons répondu à l’appel à détachement pour en faire un projet un peu plus pointu, qui pourrait aussi s’adresser à d’autres sections de l’école.

 

Ce détachement, très partiel, que permet-il de faire ?

Les deux heures dont nous disposons chacune nous permettent d’approfondir le sujet sur le plan théorique. On s’oblige à lire autour de la perception, à visiter des expos, à faire des recherches sur ce qui se fait ailleurs… On s’est lancées à l’aveugle, on ne considère pas qu’on fait vraiment de la recherche. Pour l’instant, on approfondi les contenus et on se rend compte que c’est énorme et qu’il y a plein de portes d’entrées. Il va falloir cadrer, se diriger dans quelque chose de plus pointu. La première phase de notre détachement devait permettre cela, faire de la prospection et prendre des contacts.
Le détachement nous fait oser! Cela nous conforte dans notre expérimentation. Dans ce que l’on fait pour nos cours, en général, on a tendance à rester dans notre zone de confort. Ici, on y va! On ose! Et grâce à nos lectures, on remet progressivement des balises, qui nous rendent du confort. Le détachement permet cela. Ce n’est pas seulement une question de temps, c’est un état d’esprit. On est beaucoup plus méthodiques aussi : on prend note des résultats de nos exercices, de nos tests. On se documente beaucoup mais aussi on documente tout ce que l’on a fait. Cela nous permet de prendre du recul sur ce que l’on fait.

 

 

Avez-vous fait des rencontres prometteuses ?

Oui ! Parmi celles-ci, il y a Juliette Salme, qui est doctorante à l’ULiège et qui fait des recherches en anthropologie des objets. Elle a participé à des cours, elle observe comment les étudiant·e·s manipulent les objets. Globalement, on tient les mêmes discours mais l’anthropologie arrive vraiment pour combler des choses qu’on ne fait pas chez nous. Et là, ça décolle!
Nous avons aussi eu un cours avec Brigitte Van den Bossche sur les livres tactiles. Il y a beaucoup à faire sur ce sujet, notamment avec les sections Communication visuelle et graphique et Illustration.

 

Qu’est-ce que ce détachement ne vous permet pas de faire ?

On ne va pas pouvoir suivre les mêmes étudiant·e·s, les accompagner et approfondir tout ce que l’on met en place cette année. Ce n’est pas grave : on sème des graines, et on pense que certaines graines pourraient germer chez l’un·e ou l’autre étudiant·e qui embrayera sur cette thématique en master, notamment pour le mémoire. Si on avait un détachement plus important, on pourrait aussi encadrer et suivre les recherches faites par les étudiant·e·s. Car ce qui est possible de faire va bien au-delà de l’atelier ou du mémoire, et qu’on est sur des terrains peu connus, très pointus. Or, les « deux heures » sont vites passées… C’est très peu si l’on veut aller beaucoup plus loin. C’est sans doute pour cela qu’il y a peu de candidat·e·s au détachement.

 

Quels sont vos objectifs pour cette année ?
Nous remettrons un rapport en septembre, qui présentera notre état d’avancement ainsi que le résumé de toutes nos pistes d’exploration. Nous souhaitons aussi exposer nos recherches. Ce sera possible en octobre, lors de l’exposition consacrée au projet “L’objet qui parle”.

 

 

Et comment voyez-vous la suite?
Nous allons postuler à nouveau pour un détachement pour l’année prochaine. Nous voulons ouvrir vers des expérimentations transversales, avec plusieurs sections, en particulier avec la Communication visuelle et graphique et Architecture d’intérieur. Lors de nos exercices-tests en novembre 2020, nous avons inventé et testé des protocoles de dessin à l’aveugle ou de dessin tactile, qui pourraient intéresser nos collègues qui enseignent le dessin et les moyens d’expression. Cécile Delforge a déjà fait des essais cette année. Nous envisageons également une collaboration avec Juliette Salme et ses étudiant·e·s de master en anthropologie. Ce serait une énorme victoire.
On voudrait aussi avoir des moments d’échange réguliers avec nos collègues, par exemple toutes les 6 semaines, pour partager les résultats de nos recherches. On voudrait aussi organiser un workshop de 2 ou 3 jours.

 

 

Rédaction :

Noémie Drouguet

Carolina Bonfim, sélectionnée par le FRArt pour son projet « La dernière archive »

Carolina Bonfim est enseignante au sein de la section Architecture d’intérieur à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège. Son projet de recherche, La dernière archive, vient d’être sélectionné par le FRArt parmi onze autre projets. Présentation de l’enseignante et de son projet au travers d’une interview.

 

Le Fonds de la Recherche en Art (FRArt) du FNRS est un instrument qui permet de financer des projets de recherche en art menés par des artistes-chercheurs à titre individuel ou collectif, en dehors du doctorat, validés par une ou plusieurs Écoles Supérieures des Arts (ESA). De création récente, le FRArt fait suite aux financements précédemment distribués par l’asbl Art/Recheche.

Pour la troisième fois depuis la création de ces bourses de recherche en 2016, notre ESA a soutenu des candidat·e·s, après une première étape de sélection interne. Et pour la première fois, un projet que l’ESA a présenté a été sélectionné ! Carolina Bonfim fait partie des onze artistes ou collectifs d’artistes dont le projet de recherche a été retenu. L’ESA lui présente ses chaleureuses félicitations et se réjouit de pouvoir bientôt l’accueillir pour un workshop ! Elle assure depuis septembre 2020 un cours d’actualités culturelles en Architecture d’intérieur

 

Qui est Carolina Bonfim ?

Carolina Bonfim est une artiste, enseignante et chercheuse née à São Paulo et basée à Bruxelles. Centrée sur la question des archives immatérielles, sa pratique se base sur le développement et la mise en œuvre de modes expérimentaux de transmission et de traduction. Au cours de ces dernières années, elle a mené à bien différents projets, qui ont en commun l’établissement d’un dialogue étroit avec la pensée critique. Elle a obtenu son doctorat en Art et sciences de l’art à l’Université Libre de Bruxelles et à l’ENSAV La Cambre en 2020. Sa thèse portait sur le corps en tant qu’archive vivante.

 

Son projet : « La dernière archive »

Vous souvenez-vous de cette image ? En septembre 2018, un incendie ravage le Musée national de Rio de Janeiro. La collection est partie en fumée et le bâtiment ruiné. De ce côté-ci de l’Atlantique, on se doute à peine de la richesse du patrimoine que contenait ce musée : collections d’ethnologie, d’archéologie, de sciences naturelles, mais aussi d’antiquités méditerranéennes… Carolina n’a jamais eu l’occasion de voir ce musée. Et se pose la question “comment une personne qui n’est jamais allée dans ce musée pourrait accéder à un patrimoine qui n’existe plus ?” En tant qu’artiste, elle veut contribuer à l’inventaire de la collection disparue, considérant qu’il n’y a pas que les documents scientifiques qui sont des sources pour “réactiver” les objets du musée.

 

Rencontre avec Carolina Bonfim

Peux-tu retracer le parcours qui t’a conduit vers la recherche-création ?
En fait, la recherche a été présente dès le début de mon parcours. J’ai commencé mes études à Sao Paulo et j’ai obtenu dès la première année une bourse de recherche dans une filière pratique en art. Ma première formation était en arts du spectacle puis j’ai poursuivi avec les arts visuels. C’est pour ça que le corps est mon outil de travail, et le résultat n’est pas de toujours de l’art visuel. J’ai ensuite fait le master et le doctorat, en développant une pratique réflexive. Je travaille sur et avec la pratique artistique. Le projet FRArt est tout à fait dans la continuité. Aujourd’hui, je suis chercheuse-artiste-enseignante. Je ne peux pas voir ma pratique autrement que comme cet amalgame de rôles.

 

Est-ce que cette continuité porte aussi sur les sujets sur lesquels tu travailles ?
Le grand sujet de mon travail – et aujourd’hui, je vois ça de manière plus claire – c’est le corps en tant qu’archive vivante. L’archive, c’est la documentation, c’est de la matière que l’on peut toucher mais qui est reliée un patrimoine immatériel. L’archive immatérielle peut aussi être transmise dans et par le corps : on peut obtenir une connaissance à travers le corps, à travers le vécu. Je le vois comme un véhicule capable de transmission et de connexion entre le passé, le présent et le futur. C’est un objet d’étude très riche.

 

Et c’était le sujet de ta recherche doctorale…
C’est curieux parce que j’ai passé plusieurs années dans ma pratique artistique sans trop réfléchir à ce que j’ai fait. C’est le doctorat qui m’a permis de prendre de la distance par rapport à ma pratique et de voir ce qu’il y a en commun dans mes projets précédents. Il y a le corps et il y a une méthodologie de l’archive, qui est liée au fait que j’ai travaillé comme archiviste dans des projets au Brésil. Cela m’a donné une certaine connaissance que j’ai pu déplacer dans ma pratique artistique. Il y a une troisième chose qui est l’autre : je comprends le monde et moi-même à travers l’autre, à travers la relation à l’autre. Je préfère parler de choses à travers l’autre, à travers le corps de l’autre, plutôt qu’à partir de moi-même.

 

 

Ton projet consiste à réactiver les collections disparues d’un musée à partir de l’expérience des autres. Explique-nous ce que tu entends par là.
Ma proposition consiste à visiter ce musée à partir de gens dont le corps a été en contact avec ces objets et à partir de qu’ils vont me raconter à travers des gestes, des sens, et à travers la parole. Je vais collecter des récits de personnes qui ont vu les objets, qui les ont étudiés, admirés, photographiés, restaurés, manipulés… des membres du personnel mais aussi des visiteurs. Mon idée est de créer un musée à partir des récits des personnes que je vais rencontrer. Il n’y a pas que les documents scientifiques qui sont des sources pour “réactiver” les objets disparus. Je vais voir comment je peux activer ces objets à partir du corps de l’autre.

 

Quel écho ce projet FRArt pourra-t-il trouver à l’ESA Saint-Luc Liège ?
Le projet va commencer le 1er décembre. Je serai sur le terrain, au Brésil, en juillet-août 2022. J’ai proposé d’intervenir ensuite au 1er quadri 2022-2023, peut-être à partir d’un workshop, qui devra être défini avec les responsables des options… Je voudrais motiver les étudiants à conceptualiser une idée, chercher comment matérialiser quelque chose d’immatériel. Le but serait de chercher un résultat matériel, une sorte de traduction, sous forme d’image, de photographie, de publication. On verra comment je pourrai proposer ma collaboration !

 

 

 

Deux autres projets non-retenus au second tour de la sélection

Lors de la première étape de sélection en novembre, la Commission FRArt avait retenu trois des sept projets présentés à l’ESA Saint-Luc Liège. Bien qu’ils n’aient pas été retenus par le Jury artistique international du FNRS, qui classe les projets, l’ESA tient à saluer l’investissement et l’enthousiasme des autres artistes et collectifs qui ont été accompagnés et ont déposé des dossiers de grande qualité.
Pinky Pintus, associée avec l’artiste Jo De Leeuw et l’anthropologue Guy Massart, ont proposé un projet de recherche sur l’origami et le pli en grand format. L’objectif du collectif était de questionner la relation au “chez soi” à travers des ateliers de création collective, explorations plastiques dont les réalisations devaient s’incorporer dans l’espace public, tandis que le regard de l’anthropologue, en “observation participante”, documentait le processus de création.
L’artiste plasticien Jérôme Bouchard a quant à lui présenté un projet concernant la représentation plastique des paysages industriels à partir de la réinterprétation des relevés cartographiques obtenus par la technologie LIDAR, utilisée par les géographes et les géomaticiens. L’exploration artistique devait matérialiser les données d’erreur générées par cette technologie, c’est-à-dire donner à voir ce qui n’est pas visible.
Espérons que ces deux beaux projets trouveront d’autres opportunités pour se concrétiser !

 

 

 

 

Rédaction :
Noémie Drouguet

Le projet de fin d’études de Corentin Hubin cartonne !

Fraîchement diplômé de la section Design industriel à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, Corentin Hubin a été nominé pour le prix Hera Award Sustainable Design 2020 d’étude et du prix de l’exposition Tremplin 2020 du Centre d’Innovation et de Design (CID) grâce à son projet de fin d’études. Il nous explique aujourd’hui son parcours en tant qu’étudiant et son actualité.

 

Corentin, je te laisse te présenter…

Je m’appelle Corentin Hubin, j’ai 24 ans et je suis originaire de Bruxelles. Dès l’obtention de mon diplôme de secondaire, j’ai décidé de m’aventurer au Canada pendant un an pour apprendre l’anglais. Après cette expérience canadienne, j’ai cherché une nouvelle aventure à Liège, en Design Industriel à Saint-Luc car l’option m’intéressait énormément.

 

Comment as-tu vécu l’expérience Saint-Luc ?

C’était une superbe expérience pour moi ! Saint-Luc essaie de nous ouvrir constamment les portes du monde professionnel en nous offrant des activités diversifiées, comme des visites de lieux, des rencontres avec des professionnels, des échanges à l’international, etc. Par exemple, mon premier stage s’est déroulé en Tunisie, ce qui m’a notamment permis de découvrir une nouvelle culture à travers le design. J’ai également eu la chance de participer à un programme Erasmus et de partir une année en Espagne lorsque j’étais en master ; ce qui est plutôt rare étant donné que la plupart des écoles propose une plus courte période. Là, j’ai découvert d’autres arts que le design, en faisant de la céramique ou encore de la peinture.

 

 

Qu’en est-il de ton projet de fin d’études ?

Pour mon mémoire, j’ai décidé d’orienter mon sujet vers le handicap en milieu carcéral. J’ai moi-même une sœur en situation de handicap et ma mère, ayant déjà travaillé en prison, m’a parlé de la mauvaise condition des personnes en situation de handicap en prison. Pour compléter mon mémoire, j’ai donc été à la rencontre de prisonniers porteurs de handicap ou encore des directeurs de prison. Et c’est grâce à ces rencontres que je me suis rendu compte qu’un designer pouvait régler cette problématique. Après de nombreuses analyses, j’ai créé une chaise roulante en milieu carcéral et c’est avec ce projet que j’ai gagné le prix CID (Centre d’innovation et de design) de l’exposition Tremplin 2020 du Grand Hornu, une exposition pour les jeunes qui sortent des écoles d’art. Ce projet a également été exposé à WE ARE THE NEXT GENERATION à Courtrai, une expo spécialisée en design. Et enfin, j’ai été nominé pour le prix Hera Award Sustainable Design 2020 pour mon mémoire. Tous ces prix et nominations m’ont fait gagner en notoriété, mais aussi en crédibilité !

 

 

Et maintenant, quelle est ton actualité ?

Je poursuis actuellement un master supplémentaire en entrepreneuriat à HEC Liège. Ce master m’a beaucoup aidé à créer mon propre studio design : Ironi Design Studio ! J’aide mes clients à concrétiser leur projet, de sa conception à sa création. Je travaille principalement sur le mobilier métallique et j’essaie de mettre en valeur les matériaux liégeois et wallons.

 

Un conseil à donner à nos étudiant·e·s ?

Je dirais tout d’abord qu’il faut être curieux, suivez l’actualité de votre option et renseignez-vous le plus possible. Ensuite, osez et poussez des portes ! Participez à des concours, partez à l’étranger grâce au programme Erasmus et faites des visites extra-scolaires pour mieux analyser le terrain. Et enfin, échangez avec différents artistes qui ne travaillent pas forcément dans le même secteur que vous, ces échanges pourraient vous aider à développer votre créativité. 

 

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Une interview de Golab Nematzadeh.

Outre Muse éditions, la nouvelle maison d’édition de l’école !

Il y a quelques jours sortait des presses le tout premier livre de la nouvelle maison d’édition de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège. Un cap important pour mettre en avant les travaux de ses étudiant·e·s. Ce premier opus n’est autre que le catalogue de l’exposition Where I am, I don’t know, qui montre le travail des étudiant·e·s de dernière année de la section Photographie au Centre de la Croix-Rouge de Manderfeld.

 

Le projet de maison d’édition a été initié par un groupe d’enseignant·e·s de la section Communication Visuelle et Graphique. L’idée était de concrétiser avec les étudiant·e·s un projet grandeur nature et de le faire vivre au sein de l’école. Le but pédagogique ? Aborder par une approche transversale les différents acteurs de la chaîne du livre. Les étudiant·e·s sont au centre du projet : ils ont créé la maison d’édition, réfléchi à sa structure ainsi qu’à son nom : Outre Muse éditions. Pour le premier livre édité, ce sont les étudiant·e·s de CVG qui ont mis en page, géré l’impression… en collaboration avec les étudiant·e·s de la section Photographie, qui étaient à l’origine du projet Where I am, I don’t know.

 

À l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, cette initiative de valorisation des travaux réalisés par les étudiant·e·s en cours de cursus fait déjà des émules : d’autres projets éditoriaux inter-sections sont en cours, tout comme la création d’un pôle pour l’édition d’objets 3D. Une formule est également à l’étude pour permettre aux étudiants de valoriser eux-mêmes leurs propres projets individuels. L’École souhaite clairement s’inscrire dans la dynamique d’autonomisation des étudiants, entamant déjà leur professionnalisation au moment de leurs études. Le moyen qu’elle a choisi pour mettre en œuvre cela est la création d’une structure de soutien et de coordination appelée, Tous CréActeurs, en cours de création grâce au soutien de la Sowalfin. Structure dont nous vous parlerons bientôt au travers des différents projets en cours de développement !

 

Where I am, I don’t know : un projet, une expo, un livre.

L’an dernier, les étudiant·e·s de dernière année de la section Photographie se rendaient au centre St. Elisabeth Haus, un centre pour demandeurs d’asile géré par la Croix-Rouge, pour une semaine totale d’immersion afin de découvrir le quotidien des résidents. De cette semaine humaine unique et enrichissante découle une série de travaux hétéroclites, à la fois écrits, vidéographiques, photographiques et issus d’ateliers participatifs. Ceux-ci offrent des regards d’auteurs sur le quotidien des personnes demandeuses d’asile. Le résultat est à présent visible au Centre culturel Les Chiroux (jusqu’au 20 mars) et à la Cité Miroir (jusqu’au 13 mars).

Le catalogue est quant à lui disponible au Centre culturel Les Chiroux et chez Livre aux trésors, au prix de 18€.

Table ronde virtuelle : des STEM à l’art

Hilke Vervaeke, enseignante au sein de la section Design industriel de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, participera à la table ronde virtuelle « Des STEM à l’art » ce lundi 8 mars prochain.

 

Cette table ronde est organisée par 100 000 Entrepreneurs dans le cadre Semaine de sensibilisation à l’Entrepreneuriat Féminin 2021 qui a lieu du 8 au 12 mars. Elle permettra aux personnes inscrites de découvrir comment l’art complète les STEM (acronyme anglais pour science, technology, engineering and mathematics) soit, en français, science, technologie, ingénierie et mathématiques) via des témoignages concrets de porteurs et porteuses de projets, de témoins clés qui allient leurs compétences techniques à leur créativité pour proposer des projets innovants et pertinents ! Parmi les intervenant·e·s, nous retrouvons un alumni de la section Design industriel en la personne de Simon Frémineur.

 

 

Infos pratiques :

Lundi 8 mars à 17h

Gratuit sur inscription

 

 

Les B2 de DI s’occupent du barbec’

Les étudiant·e·s de 2e année de bachelier en Design industriel de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège ont déjà le regard tourné vers l’été et se sont vu demander de concevoir un barbecue.

 

Dès la rentrée, Michaël De Gottal et Dimitri Gangolf, les deux enseignants en charge de l’atelier de B2, ont présenté le briefing à leur trentaine d’étudiant·e·s. Ils ont pris en compte les contraintes du covid que nous connaissons, tout en poursuivant l’objectif de perpétuer le contact social. Dans cette optique, la conception et la réalisation de ce projet devaient respecter les consignes suivantes : une taille correspondant au nombre maximal de personnes autour du barbecue (maximum 4), être autant pratique qu’utile, pouvoir s’utiliser dans de petits espaces (terrasse, balcon…) et se ranger à l’intérieur.

Tout en respectant la fonction primaire de l’objet qui est de cuire des aliments, les étudiant·e·s avaient pour mission d’optimiser les services liés à cette fonction  : la mise à feu par exemple ou encore la sécurité, le rangement… Et surtout, de laisser libre cours à leur imagination, afin de se démarquer des modèles habituels.

 

Les étudiant·e·s, après être passé·e·s devant le jury, ont pu partager leur barbecue en vidéo sur le compte Instagram du bachelier de la section, faute de pouvoir les tester tous ensemble sur le campus. Ce n’est que partie remise !

 

 

Découvrez quelques projets

 

Nicolas Beckers

 

 

Laura Stevens

 

 

Martin Dormal

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par MD design (@dmartin.design)

 

Mathis Flamey

 

 

Sevan Dachelet

 

 

Sixtine Carette

 

 

Ornella Caffont

 

 

Alexandre Marchal

 

 

Un article de Muguette Rabaud

Projet d’abri à vélos pour le campus

La section Design industriel s’est penchée sur une thématique importante du campus de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège : la création d’abris à vélos, pour les étudiant·e·s et les membres du personnel. Ce sont les étudiant·e·s de B3 qui ont relevé le défi dans le cadre de leur atelier, encadré par Pierre Delvoie et Michaël de Gottal.

 

Lancé·e·s sur ce projet dès la rentrée, les étudiant·e·s ont reçu un briefing précis reprenant toutes les qualités que devaient revêtir l’abri à vélos. Ce type de mobilier urbain doit s’intégrer harmonieusement dans le site du campus, ce qui a d’office un impact sur sa forme, son usage, les matériaux utilisés, etc. L’abri s’inscrira d’ailleurs dans la dynamique de développement durable déjà en marche au sein de notre école.

Après des mois de recherches, de conceptions, de réalisations de maquettes… le projet de chaque étudiant·e a été soumis au regard d’un jury, spécialement réuni pour l’occasion, au mois de décembre. Après des échanges assez riches, voici les huit projets retenus par les membres de ce jury. Ces projets seront examinés par le Conseil social de l’ESA pour pouvoir concrétiser le projet. Suite au prochain épisode !

 

 

TULP (Talia Lodewyckx)

 

ADEL (Manon Wagneur)

 

Vel Park (Ludivine Ryavec)

Brio (Loïc Lefèvre)

 

Arch (Siméon Grégoire)

 

Abicy (Quentin Dolet)

 

Sello (Adrien Delvaux)

 

Oria (Mathilde Posocco)

Boîtes à livres pour la SNCB par les B3 DI

La SNCB lançait il y a quelques mois un concours pour réaliser un design de boîte à livres qui serait réalisé en cinquante exemplaires, répartis dans différentes gares de Belgique.

 

Dans une optique de convivialité, la SNCB a voulu ce concours pour promouvoir la lecture et le partage dans ses gares belges. Et quoi de mieux qu’un concours pour révéler les talents créatifs des designers ? Les étudiant·e·s de B3 de la section Design Industriel ont relevé le défi dans le cadre de leur atelier encadré par Pierre Delvoie.

Les étudiant·e·s en pleine réalisation

 

Résultat : après une pré-sélection à la mi-novembre, ce sont quatre projets de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège qui ont été retenus ! 

Les quatre projets retenus : BEBOOK, ReadPass, BookSATION, SNCBook

 

Les étudiant·e·s ayant participé à ces projets sélectionnés sont :

  • pour BEBOOK : Augustin de Ville, Adrien Delvaux et Ludivine Ryavec
  • pour ReadPass : Liam Lannoo, Loïc Lefèvre et Pierre Leleu
  • pour BookSTATION : Ophélie Pirnay, Sacha Volvert, Madleen Fontaine et Alix Wysota
  • pour SNCBook : Emma Rixhon, Manon Wagneur et Federico Di Dato

 

La SNCB va réaliser un vote du public sur différentes plateformes afin d’élire le projet gagnant de ce concours, dont l’auteur·e pourra le voir se concrétiser dans 50 gares ! Nous partagerons bien évidemment le vote sur nos réseaux !

 

Suivez les différents projets des étudiant·e·s de bachelier en Design industriel sur leur page Instagram ou encore sur la page Facebook de la section.

Workshop Vertikal 2020

Les 15 et 16 octobre derniers, toute la section d’Architecture d’intérieur de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège — étudiant·e·s et enseignant·e·s confondu·e·s — s’est réunie pour l’édition 2020 du workshop Vertikal. Ces deux journées avaient pour objectif d’envisager la transition et intégrer le bien-être au travail en revisitant la conception des locaux de la section.

 

Au cours des dernières années, plusieurs projets ont rassemblé différentes années d’étude en Architecture d’intérieur : réaménagement du Passage Lemonnier, interventions dans les quartiers et rues en déclin comme Saint-Léonard et Puits-en-Sock. Parenthèses dans le déroulement ordinaire des cours, ces initiatives ont pour objectif de mélanger les étudiants et de les fédérer autour d’un projet commun, durant plusieurs journées de travail intensif. Ces activités pédagogiques « verticales » rencontrent un franc succès auprès des étudiant·e·s. Elles exigent un engagement important de la part de l’équipe enseignante et une organisation minutieuse. Grâce à la ténacité d’une poignée d’enseignant·e·s et avec le concours de la Sowalfin dans le cadre des Générations entreprenantes, l’Atelier Vertikal a vu le jour !

 

Le défi de l’Atelier Vertikal est ambitieux et particulièrement stimulant : rien moins que réinventer l’occupation des locaux d’architecture d’intérieur ! Partant du constat que ces locaux sont actuellement peu habités par l’identité de la section et que certains d’entre eux sont peu adaptés à toutes les facettes du projet pédagogique, il est convenu de donner une carte blanche pour redessiner les espaces, pour les étudiant·e·s et par les étudiant·e·s ! L’optique retenue est de créer une transition entre chez soi et l’école, un cadre de travail pour les étudiant·e·s et pour les enseignant·e·s qui vise le bien-être.

Concrètement, près de 200 étudiant·e·s, de la 1re à la 5e année, se sont réparti·e·s en 15 équipes « verticales » avec pour mission de repenser chacune une partie du premier étage : les couloirs et les sas d’entrée, les classes d’atelier ainsi qu’un espace de détente et rencontre. Ce workshop prend la forme d’un concours d’idées : à l’issue des deux jours, un jury se prononcera sur la qualité des projets et un seul sera retenu en vue d’une réalisation à court terme. Une équipe Reportage, emmenée par le journaliste-reporter Renaud Dubois, armée d’appareils photos et de caméras, doit quant à elle capter l’ambiance et documenter le travail en cours.

 

Coup d’envoi

La première journée commence par un accueil de l’ensemble des participant·e·s au B9 – le seul local qui permet de respecter la distanciation physique de rigueur. Plusieurs intervenant·e·s précisent le cadre des projets de groupes et donnent à réfléchir sur la portée des interventions. François Marchal, cheville ouvrière de ce workshop, rappelle les objectifs et les consignes de travail. Questionnant ce que représente l’identité, Jean-François Lavis avance que c’est « comment les autres me perçoivent et ce qu’ils attendent de moi ». Qu’est-ce que cela signifie pour l’architecture d’intérieur au sein de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège ? Il nous invite aussi à réfléchir à la notion de bien-être au travail, qui, pour louable qu’elle soit, est aussi une façon de rendre étudiant·e·s et enseignant·e·s productif·ve·s et créatif·ve·s, c’est-à-dire rentables. L’identité des architectes d’intérieur, c’est aussi d’apporter des réponses critiques à cette nouvelle injonction. Valérie Hambye, designer de bien-être en entreprise, souligne qu’il est important que l’environnement raconte l’histoire de la section. Elle ajoute que pour améliorer la qualité de vie au travail, il ne faut pas oublier le besoin d’appartenance, d’estime de soi, et le rappel des valeurs de l’école ; tout cela peut se lire dans l’espace. Bernard Gilbert, qui enseigne la couleur, démontre, exemples à l’appui, combien la perception d’un lieu de vie ou de travail varie en fonction de la couleur, en tant que matière et en tant que lumière, et qu’il est important de trouver un équilibre pour s’y sentir bien.

 

 

Ça pense…

Après ce démarrage, les équipes rejoignent leur poste. L’ambiance de la première matinée est plutôt calme. Les étudiant·e·s, qui ne se connaissent pas forcément, restent sur leurs gardes, écoutant le briefing relatif à l’espace attribué à leur équipe et se demandant par où commencer et surtout comment finir en deux petits jours… Pour les étudiant·e·s de B1, c’est le premier grand bain, après seulement quelques semaines de présence à l’école ! La glace brisée et les premières discussions passées, le climat se fait plus dynamique et plus bruyant, enjoué ou tendu selon les moments, et toujours concentré sur l’objectif, voire sur la ferme intention de gagner. Bernard Gilbert, expert couleurs, et Stéphanie Carabin, experte éclairage, se mettent à la disposition des étudiant·e·s durant toute la matinée.

Les différentes équipes s’affairent, arpentent les espaces et analysent les lieux d’intervention. Quels sont nos besoins, de quoi avons-nous envie pour nous sentir bien ? Les discussions sont soutenues. À la fin de la première journée, concepts, scénarios et les intentions émergent, s’appuyant sur les premières esquisses. On découvre que les espaces de transit, de circulation sont aussi des espaces de stationnement et de papote et que ces simples couloirs sont en réalité très occupés et visibles. Les sas sont de petits espaces qui semblent ingrats à première vue mais qui sont les portes d’entrée dans la section et à ce titre, ils doivent être porteurs de l’identité. Les locaux d’atelier sont réinventés pour créer davantage de lien et mieux répondre aux différentes contraintes d’occupation : travailler en semble ou s’isoler, suivre un cours plus théorique ou faire une maquette… tout en reflétant la réalité d’une école artistique. La zone des Arcades, qui fait la jonction entre les deux ailes du plateau, doit quant à elle se muer en espace de détente, propice à la rencontre et la communication sur la section, via l’affichage et l’exposition notamment.

 

 

Ça travaille…

La deuxième journée est parcourue d’une énergie plus tendue tandis que les tables et le sol se couvrent de papiers, cartons, plexis colorés et ustensiles en tous genres. Ça découpe, ça colle, ça peint, ça crayonne, ça trace à l’ordinateur, ça fait des allers-retours à grandes enjambées vers le local d’impression… Les moments de calme où chacun s’active à sa tâche alternent avec des discussions vives car il est temps à présent de trancher et de conclure. Les reporters captent l’émulation, la concentration, le plaisir de travailler tous ensemble, l’excitation du défi, les sourires derrière les masques. Ils enregistrent les réactions des étudiant·e·s, heureux·ses de se rencontrer, de voir comment les autres travaillent, de penser à plusieurs têtes, dans un timing serré qui exige des équipes organisées. Les enseignant·e·s se réjouissent de cette dynamique qui mixe les années, qui mélange les acquis des un·e·s et des autres et qui change de l’enseignement classique. Ils et elles sont là pour aiguiller les groupes quand c’est nécessaire mais ce sont vraiment les étudiant·e·s qui définissent le planning et les étapes.

 

Le jury

Enfin arrive le moment à la fois attendu et redouté : le passage du jury dans chacun des groupes. Pour présenter son projet, la maquette à l’échelle 1/20e est le seul moyen de communication imposé. Pour le reste, les équipes sont libres d’ajouter des plans, une note d’intention, des croquis, des mood boards ou autre communication graphique – pas de présentation orale. Le jury est composé d’un membre de la direction (Philippe Pirlot), de trois enseignant·e·s (Roland Juchmès, Carine Maes et François Marchal), d’un membre de la Sowalfin (Carine Frérard) et enfin de cinq étudiant·e·s, un par année d’étude (Enola Saive, Sarah Jonlet, Shanshan Chen, Clara Cornot et Thomas Kaisin).

Dans chaque catégorie, le jury doit sélectionner un groupe lauréat et ensuite, il lui faut choisir le meilleur projet. Les lauréats sont récompensés par plusieurs prix offerts par des magasins et organismes culturels. Le premier prix est attribué au groupe « Réenchantement », qui a travaillé sur le couloir de transit vers l’auditoire 125. La proposition, haute en couleurs, intègre une signalétique efficace pour identifier les locaux, tout en permettant des pratiques inhérentes aux couloirs : assises, rangement, zones d’affichage sont ainsi créées par des modules complémentaires aux éléments signalétiques. L’ensemble améliore le bien-être dans ce long couloir, resté vide jusque là. Ce projet sera bel et bien concrétisé grâce au financement de la Sowalfin. La réalisation est prévue pour la fin de l’année 2020… en croisant les doigts pour que la situation sanitaire ne compromette pas le processus !

Le projet du groupe Réenchantement

 

Terminons en levant notre chapeau à l’implication sans faille des représentants des étudiant·e·s, et tout particulièrement à Emilie Sferlazza et à Maëlle Paquay, qui se sont investies tout au long de la préparation et du suivi du workshop et dont l’enthousiasme est si précieux pour l’ensemble de la section. Merci à elles !

 

En vidéo

Découvrez en images le résultat du travail du groupe Reportage, chapeauté par le journaliste Renaud Dubois.