L’univers d’Odile Brée

Diplômée de la section Illustration en 2015, l’artiste Odile Brée multiplie ses expériences et a toujours un ou plusieurs projets en cours. Le dernier ? Une fresque pour le Centre culturel de Verviers sur le thème de l’évasion. Un thème plus que primordial à l’heure actuelle !

 

Odile, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis donc illustratrice et animatrice, ce qui, on peut le dire, sont deux facettes de ma personne. Elles sont essentielles et interdépendantes. J’aime l’animation car elle me permet d’être constamment en relation avec les autres et de comprendre le monde qui m’entoure. L’illustration quant elle me permet d’exprimer mes interrogations, mes envies… que je projette sur la société. Ce qui est sûr, c’est que j’adore les gens, être avec eux et les mettre au centre de mes illustrations !

 

Comment as-tu décidé d’être illustratrice ?

J’ai toujours dessiné, j’ai toujours aimé ça. Les humains étaient déjà fort présents dans mes dessins quand j’y repense. En secondaire, j’avais une option art et les deux heures par semaine de cours artistiques étaient ma bulle d’oxygène, je me sentais vraiment à ma place. En parallèle, j’étais dans un mouvement de jeunesse et j’adorais créer, bricoler, etc. C’est dans ce cadre que j’ai réalisé que j’adorais la créativité sous toutes ses formes. Comme je voulais exploiter mes capacités en dessin en termes professionnels et y allier la créativité, j’ai décidé de m’inscrire à Saint-Luc.

 

Comment s’est passé ton passage à Saint-Luc ?

À la sortie du secondaire, j’ai été instinctivement intéressée par la section Illu, mais à l’époque, l’aspect incertain de la carrière m’a fait me rediriger vers la section Pub. J’y ai fait deux années, que j’ai adorées pour l’aspect créatif, à chercher des idées tout le temps. Mais elles m’ont aussi laissé un goût de trop peu au niveau de l’image et m’ont fait questionner l’aspect mercantile. C’est ainsi que je suis retournée vers Illu. Au tout début, j’avais un peu peur : ado, j’avais l’étiquette de la fille-qui-dessine-bien et j’étais terrifiée d’arriver dans une classe avec des gens comme moi. Au final, ça a été génial ! Je me suis plongée pleinement dans ces études-là et j’ai appris tout ce que je pouvais apprendre. Mes études à Saint-Luc ont été une période où ma curiosité personnelle s’est développée : j’ai lu beaucoup de BD, visité plein d’expos, expérimenté beaucoup de techniques et de sujets…

 

Peux-tu nous parler de ton TFE ?

Je me suis mis un « auto challenge » de faire une BD comme TFE en Illu ! Ce n’est pas anodin : j’ai effectué un Erasmus à Hamburg en Allemagne. Il faut savoir que l’organisation des cours est très différente là-bas. Le cursus était en Images et c’est par des cours à choix qu’on pouvait décider de comment on articulait ces images : documentaires, expressives, narratives… Là, la distinction entre BD et Illu était nettement moins marquée que chez nous. J’ai eu cours avec Anke Feuchtenberger qui nous fait découvrir l’opéra de Strauss, Der Rosenkavalier, que l’on a dû par la suite réinterpréter et j’avais choisi la BD pour le faire. Du coup, pour mon TFE à Saint-Luc, j’ai voulu réitérer cette démarche, ce qui a été apprécié.

 

Durant tes études, y a-t-il eu des moments marquants ?

Je me souviens d’un workshop en première année avec le collectif Articho qui avait pour dynamique de placer l’image dans un cadre festif, joyeux et collectif. Mais le plus marquant pour moi a été, en dernière année, le cours d’animation. Monsieur Hainaut est arrivé et m’a fait découvrir le côté décomplexé de la création artistique, celui qui dit qu’on peut s’amuser, qu’on est n’est pas obligé de raconter quelque chose en particulier, qu’on peut sortir du discours… Bref, ça m’a beaucoup plu. On a produit un travail de fin d’études en animation et j’ai trouvé qu’il me ressemblait beaucoup parce que j’ai été pioché dans des créations en feutrine que je réalisais sur le côté et j’ai pu m’amuser librement à les animer, j’ai adoré !

 

Une fois diplômée, qu’as-tu fait ?

J’ai fait le CAP, je savais que je voulais être prof mais pas dans l’immédiat, je voulais d’abord développer l’illu. J’ai été également formatrice dans les mouvements de jeunesse ; le côté pédagogue était déjà fort présent en moi et le CAP l’a concrétisé. J’ai suivi une formation en motion design chez Technifutur. Cela m’a permis de me rendre compte de deux choses capitales : la première, c’est que je préférais de loin créer les images plutôt que de les animer, et la seconde, ça n’était vraiment pas pour moi d’être derrière un ordinateur cinq jours par semaine, de 8h à 18h. Toute expérience permet d’en apprendre sur soi ! En plus, à cette époque, j’ai été privée de temps pour dessiner et, en « réaction », j’ai compris que je voulais faire ça et j’ai lancé mon compte Instagram dans l’optique de montrer spontanément mon travail. 

 

Et maintenant ?

Je travaille comme coordinatrice du CEC du Centre culturel de Dison : ce poste me correspond bien car je peux partager mon goût de la créativité, être en contact avec des gens de tous horizons, de faire de la gestion de projets, etc. Le tout, en me laissant du temps pour des projets persos.

 

Côté illustration, quels ont été tes projets ?

Une image qui a eu son petit succès est celle que j’avais réalisée sur le thème #objectifbikinifermetagueule, un hashtag lancé par l’humoriste Laura Calu. Elle a été reprise pour un article de Elle Belgique ! En parallèle, j’ai démarché des magazines qui me plaisaient et j’ai pu collaboré avec Axelle pour illustrer un article sur le capitalisme et le féminisme (voir ci-dessous). Cette illustration est capitale parce qu’encore à l’heure actuelle, trois ans plus tard, elle est fort partagée. Pas plus tard qu’hier une prof dans l’Oregon m’a demandé la permission de l’utiliser dans son cours. C’est comique de voir comment une image m’a en quelque sorte dépassée et vit sa propre vie.

 

 

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S’en sont suivies de multiples collaborations ponctuelles comme avec le collectif Les Droits Humains pour tou·te·s et Lush, Errratum, 48FM ou encore des collaborations sur le long terme comme avec Axelle ou encore Artisans du monde. J’adore la dynamique de commande en fait !

 

Et plus récemment ?

En 2019, un projet m’est tombé dessus (positivement parlant !) : j’ai été approchée par l’agence de communication anglaise Mother. Elle m’a proposé d’illustrer l’univers complet d’une campagne de communication pour un rééducateur de périnée, Elvie. J’ai réalisé trois petits spots vidéos qui mettent en action, dans un monde imaginaire, l’héroïne Bobo et son sidekick Bladder (qui se traduit littéralement par « vessie ») ; ils veulent vivre des aventures folles mais Bobo est chaque fois arrêtée par des fuites urinaires… Ce projet a été hyper enthousiasmant pour moi ; j’étais en accord avec le produit vendu, l’équipe de l’agence était adorable et j’avais une liberté créative incroyable, c’était top. Puis cerise sur le gâteau, j’avais été invitée 4 jours à Londres, c’était grisant et j’avais un peu l’impression de rentrer dans la cour des grands !

 

 

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Comment s’est passé 2020 et le confinement pour toi ?

En début d’année, j’ai eu l’occasion de collaborer pour Curieux! et pour le compte Instagram Les Grenades. Puis le confinement est arrivé, ça a été un moment de remise en question pour tout le monde, y compris moi-même. J’ai regardé dans mon rétroviseur d’illustratrice et je me suis posée plein de questions sur ce que j’avais envie de dire ou de faire. Je me suis rendue compte que j’adorais dessiner les émotions des personnages et j’ai produit une série d’illus sur les émotions. Et sur le post concernant la peur, j’ai conseillé mes abonné·e·s d’aller jeter un coup d’œil au podcast Balance ta peur d’Angelo Foley. Quelle ne fut pas ma surprise d’avoir un message de la part de ce dernier pour une collaboration !

 

Raconte !

Angelo Foley m’a proposé d’illustrer un livre qu’il était en préparation et qui allait parler de 21 peurs. Il souhaite que ça soit moi qui produise les 21 illustrations pour chacune de ces peurs évoquées (la peur de s’accepter, la peur de souffrir, la peur de passer à côté…) Ce livre ça s’appelle Les 21 peurs qui empêchent d’aimer et il est sorti en octobre dernier aux éditions Albin Michel. J’ai adoré l’exercice de trouver à chaque fois un concept pour illustrer quelque chose de ressenti. C’était ludique. J’étais assez fière d’avoir pris part à ce projet avec une belle visibilité.

 

© Odile Brée

 

Ta toute dernière actu, c’est la fresque à Verviers…

Oui, je signe là ma troisième fresque. La première était pour l’association La Sève, un centre de jour pour personnes handicapées à Xhendelesse et la deuxième pour le kot-à-projet Friskot en Saint-Léonard. Ici, j’ai répondu à un appel à projet du Centre culturel de Verviers qui cherchait à illuminer ses locaux, dont un mur de 28m2, sur la thématique de l’évasion. À mes yeux, la culture en elle-même est une évasion. En pensant à la ville de Verviers et ses habitant·e·s, j’ai voulu parler à toute une partie de la population qui n’a pas mille opportunités d’évasion. Bien que je sois une grande consommatrice de culture, j’ai aussi clairement conscience que la culture ne se résume pas à des objets, des productions, des œuvres d’art… Elle est aussi dans les gens : ce sont eux qui la partagent, la véhiculent, à travers leur vécu, leurs centres d’intérêt, leur caractère, etc. C’est donc, à nouveau, les gens que j’ai voulu mettre en avant dans cette fresque. Je les ai mis en mouvement et à l’intérieur de chaque silhouette, j’ai ouvert une fenêtre sur leur paysage intérieur. J’ai envie que les gens qui passent devant la fresque s’identifie à un paysage et une silhouette parmi les autres ! Pour avoir testé une grande quantité de médiums différents, je trouve que la peinture de fresque est quelque chose de méditatif parce qu’on est que dans le faire.

 

© Odile Brée

 

Dernière et traditionnelle question : as-tu un conseil pour nos étudiant·e·s ?

Essayez de prendre un maximum ce qu’il y a à prendre ; sans oublier de vous connecter à ce qui vous amuse, vous apporte du plaisir !

 

 

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Découvrez le graphiste de nos Portes ouvertes virtuelles

Christophe Lonneux, diplômé de la section Publicité de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, a créé nos visuels des Portes ouvertes virtuelles ! Aujourd’hui, il nous présente son parcours chez nous, sa carrière d’enseignant et son propre studio : Nomade Creative Studio.

 

 

Christophe, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Christophe Lonneux, j’ai 29 ans et je viens de Visé. Après les secondaires, j’ai poursuivi un bachelier en Publicité à Saint-Luc de 2010 à 2013 et je tiens maintenant Nomade Studio.

 

Pourquoi la section publicité ?

J’ai commencé à pratiquer le graphisme dès l’adolescence en travaillant pour des petites entreprises ou des indépendants. Pendant ma rhéto, j’hésitais encore entre graphisme et publicité et c’est pour cette raison que j’ai participé aux portes ouvertes de Saint-Luc. Durant cet événement, je me suis rendu compte, à l’aide des enseignants présents, que le profil de la section publicité me correspondait parfaitement ! Je me suis donc orienté vers cette option.

 

Qu’est-ce qui t’a le plus plu durant ces 3 ans ?

L’ambiance générale de l’établissement me plaisait énormément. Pas un jour ne passait sans une bonne anecdote car l’école proposait sans cesse de nouvelles activités, que ce soit les 24h pub ou encore les cours de croquis dans la maison du Peket. Je m’entendais autant avec les enseignants que les autres étudiants ! D’ailleurs, j’ai gardé des contacts avec la plupart d’entre eux et on se voit/se fréquente régulièrement. Mes études m’ont également permis d’affiner mon regard sur le monde.

 

Et après ton diplôme ?

Après quelques mois de recherche d’emploi, j’ai compris que ce n’est pas seulement vers les agences qu’il faut se diriger mais aussi et surtout, vers les petites entreprises. J’ai donc postulé chez J&Joy, une entreprise belge dans laquelle j’ai travaillé pendant 5 ans. Durant ces cinq longues années, je gérais le graphisme, les réseaux sociaux et les prints de l’entreprise, mais pas que ! Je m’occupais également du stylisme, des shootings et de la stratégie marketing.
Ensuite, pour acquérir plus d’expérience, j’ai décidé de continuer mon aventure chez Cible-Communication à Barchon, une agence de communication réputée.

 

Une carrière dans l’enseignement t’a tentée ?

J’ai toujours voulu me lancer dans le domaine de l’enseignement et j’ai eu cette opportunité en 2019 ! J’ai donné cours de réseaux sociaux aux B3 dans la section Publicité à Saint-Luc pendant tout un quadrimestre. En plus d’une formation des réseaux sociaux, j’essayais de leur apprendre le mailing et les stratégies marketing, qui sont des outils très important pour ces futurs publicitaires ! Grâce à cette expérience, j’ai eu l’occasion de vivre deux points de vue à Saint-Luc : celui d’étudiant et celui de professeur.

 

Et maintenant, quelle est ton actualité ?

J’ai osé devenir indépendant et lancer ma propre entreprise : Nomade Studio. J’aide donc mes clients à améliorer leurs identités visuelles, au support marketing, aux stratégies de communication, etc. Par exemple, j’ai créé le logo de Didier Smeets, un chocolatier de renom pour lequel je travaillais depuis mes secondaires. Je partage actuellement un bureau avec lui depuis le déménagement de sa chocolaterie et je crée régulièrement des visuels pour son entreprise. Dans mon approche professionnelle, j’ai toujours une démarche éco-responsable et j’essaie d’éduquer mon audience un maximum.

 

Un conseil à nos étudiants ?

Il faut absolument avoir de l’audace et créer sa propre chance ! Si vous restez dans votre zone de confort, vous laisserez passer beaucoup d’opportunités cruciales pour votre carrière. Pour ce faire, essayez de remplir votre carnet d’adresses en faisant la rencontre de professionnels. Personnellement, je conseillerais aussi à tous les étudiants de tenter plusieurs jobs tant que vous êtes encore jeunes, pour découvrir ce qui vous plait réellement ! Et enfin, pour éviter la fatigue et pour décompresser un maximum, trouvez un bon équilibre entre temps de travail et temps personnel.

 

 

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Interview par Golab Nematzadeh

Deux alumni primés au concours Redesign Bernard-Massard

Depuis plusieurs années, la société luxembourgeoise Bernard-Massard organise un concours d’habillage graphique de bouteille : Redesign.

En 2019, les artistes étaient invité.e.s à créer un design pour la bouteille de la cuvée Signature Édition du producteur, sur le thème red. Au final, ce sont six artistes qui ont été choisi.e.s et parmi eux, Ilse Theunissen et Florian Caucheteux (Florkey), deux alumni de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège.

 

 

Ilse Theunissen

La Liégeoise Ilse Theunissen, diplômée de Communication Visuelle et Graphique en 2017, travaille actuellement chez Knok Design. En parallèle, elle reste active et participe à différents concours comme CréaPicto ou encore Bernard-Massard. Pour ce dernier, elle a tenté sa chance au hasard et remporte finalement le prix du jury !

 

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Florian Caucheteux

Le Theutois était jusqu’il y a peu gérant de la galerie d’art verviétoise Nao Expo. Diplômé en 1998 de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc en Publicité et Graphisme, il connaissait quant à lui le concours et a décidé cette année de tenter le coup. Résultat : il fait partie de la sélection du jury, belle récompense et surtout un coup de remotivation pour celui qui vient d’encaisser un coup dur personnel. Le 23 novembre, il va d’ailleurs présenter son œuvre, le nom de Bernard-Massard en graffiti, à la galerie Jour et Nuit à Verviers.

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CREATIVE BELGIUM ET BRIGHTFISH ENVOIENT ANNA MOLINE, 3e PUB À CANNES

En janvier, Creative Belgium a lancé BENEXT, un concours pour les étudiants de dernière année qui sont prêts pour le monde de la publicité, du design et du numérique. Grâce à ce concours, les étudiants ont pu gagner un coup de pouce pour leur carrière au plus haut niveau. En collaboration avec Brightfish, représentant officiel du Cannes Lions Festival, Creative Belgium envoie pour la première fois un étudiant belge à l’école des Cannes Lions (Académie Roger Hatchuel). Dans le monde, seuls 40 étudiants ont été sélectionnés dans 33 pays. La lauréate belge est Anna Moline, étudiante de troisième année en publicité à l’ESA Saint-Luc à Liège.

Le jury international ne s’est pas limité à la formation des candidats : la personnalité, les loisirs et l’engagement social ont joué un rôle dans la procédure de sélection, entre autres choses. Anna a réussi à convaincre le jury avec son film d’auto-promotion :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=yNkskgVp0gY

Article du magazine Pub

Creative Belgium et Brightfish envoient Anna Moline à Cannes

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