Originaire de Lille, Romane Lefebvre a terminé ses études secondaires à l’Institut Saint-Luc de Tournai puis est venue suivre le cursus en Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, dont elle a été diplômée en 2019. Il y a quelques jours, elle sortait son premier album jeunesse intitulé De l’embarras au choix, chez CotCotCot Éditions.

« Si choisir, c’est renoncer… Ne pas choisir, c’est encore choisir. Quel embarras ! » Tel est le synopsis de cet album, dans lequel on suit Maurice, un personne attachant qui doit sans cesse choisir, comme nous tous au quotidien.

Entretien

Quelle est la genèse de ce premier album, qui était à la base un travail de fin d’études ?

Pour moi, c’était une évidence de créer un livre comme travail de fin d’études en illustration. Je souhaitais travailler sur un sujet « abstrait », à partir duquel on peut faire des métaphores. C’est pourquoi j’ai abordé la thématique des choix : ceux de tous les jours, tant bien simples que compliqués. Et j’ai voulu montrer cela comme un chemin, une aventure. Dans ce travail, il y a un jeu de couleurs par rapport à aux choix, mais aussi un jeu sur l’aspect graphique qui relève de la poésie. Les enfants ne le liront certainement pas directement la thématique des choix ; ils inventeront des aventures avec le personnage. Tandis que les adultes pourront se reconnaître dans cette activité quotidienne de faire des choix, ceux qui d’apparence très simple peuvent changer une vie notamment.

 

Dans quel état d’esprit étais-tu pour ce travail de fin d’études ?

Le plus grand questionnement qui accompagne le processus est : cela va-t-il plaire ? Surtout qu’en plus des enseignant·e·s, il y a une autre variable : le jury, qui rajoute une pression supplémentaire. Tout au long de ce travail, j’ai oscillé entre des phases de détermination où aucun doute ne m’assaillait et des phases de remise en question. Au final, j’étais satisfaite du résultat.

 

La suite directe de ce travail de fin d’études a été la publication…

Oui, le jury a vraiment apprécié mon travail et j’ai eu de bons retours d’enseignant·e·s. Dans ce jury, dont la composition nous est dévoilée quelques jours avant, il y avait Odile Flament, des éditions CotCotCot. Celle-ci m’a recontacté après pour une rencontre à Lille : elle souhaitait publier mon livre !

Dans l’absolu, à la fin de mes études, j’ai voulu faire les choses dans l’ordre et sans précipitation : j’ai d’abord réalisé mon travail de fin d’études, j’ai passé mon jury, j’ai été diplômée puis je me suis lancée dans ce projet de premier album.

 

Et fin 2019 tu assistais à la 35e édition du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse. Dis-nous en plus ?

Le Salon se déroule à Montreuil chaque fin d’année. C’est d’ailleurs une excursion que l’on avait faite durant le bac en illu. Du coup, c’était chouette de s’y retrouver du côté des illustrateurs ! J’étais avec d’autres artistes sur le stand de CotCotCot Éditions pour présenter mon album en avant-première, en attendant la sortie officielle de janvier 2020. J’ai dédicacé des exemplaires pour des profs, des journalistes, des personnes du monde du livre et de l’édition… 

 

As-tu déjà des projets pour le futur ?

Depuis juin, je fais partie d’une galerie lilloise, la Galerie Illu, qui propose des illustrations originales en édition limitée. C’est donc un lieu où on peut trouver mes illustrations. J’ai également collaboré avec Scalp. Dans un futur proche, je souhaite développer une boutique en ligne et je vais commencer à dessiner ce qui se passe durant une matinale de Radio Nova. Puis j’ai déjà un nouveau livre en tête… !

 

Pour conclure, que peux-tu nous dire de son passage à Saint-Luc Liège ?

Après Saint-Luc Tournai, venir à Saint-Luc Liège était logique mais je l’ai aussi fait sur un coup de tête. J’ai pu me rendre compte de l’évolution importante de mon univers entre les deux écoles. À Liège, on nous ouvre l’esprit, on nous montre beaucoup de choses différentes. J’ai été plongée dans l’univers de l’illustration jeunesse alors qu’à Tournai, ce n’était pas vraiment le cas. Pour ma part, il y a un déclic après avoir eu entre les mains Un thé aux nuages de Stéphane Ebner, un roman graphique réalisé aux crayons de couleur. C’est à partir de là que j’ai exploré les couleurs vives, primaires, que j’ai développé mon propre univers et le style qui me correspondait.

 

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@roro_mawouane