Des nouvelles de « L’objet qui parle »

Depuis le lancement du projet autour de la collection du designer Philippe Diricq, le projet « L’objet qui parle » ne cesse de se développer et permet aux étudiant·e·s et aux enseignant·e·s de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège d’envisager différents axes de travail. Il est aussi devenu l’intérêt d’une jeune artiste-chercheuse qui vient de commencer sa résidence à l’ESA, Kim Cappart.

 

 

Initiative du Groupe de travail Recherche, le projet « L’objet qui parle » a débuté en septembre 2019. Opportunité de collaboration pédagogique inter-section autant que point de départ d’activités de recherche, ce projet s’appuie sur une partie de la collection du designer Philippe Diricq, qui a confié un peu plus de 200 objets à Saint-Luc. Dès son arrivée, la collection a suscité l’enthousiasme d’étudiant·e·s et d’enseignant·e·s de différentes sections, qui ont pu utiliser ce “support pédagogique” hors-norme. Design industriel, Communication visuelle et graphique, Architecture d’intérieur, Conservation-restauration des œuvres d’art, Photographie… sont les premières sections à exploiter la richesse de la collection. Sans compter les classes de dessin et croquis de toutes les disciplines artistiques, qui se sont succédées pour profiter de cette collection remarquable. Dans deux ou trois ans, les objets présents à Saint-Luc rejoindront l’ensemble auquel ils appartiennent, dans le futur musée Design Innovation à Charleroi. D’ici-là, la collection est à la disposition du corps enseignant !

 

 

Un exemple concret d’utilisation de la collection

Les étudiant·e·s de première année de la section Photographie, dans le cadre de l’atelier Studio avec Nathalie Noël, ont utilisé et mis en scène des objets, comme ce téléphone Lady, l’un des objets les plus appréciés de la collection – le combiné n’est-il pas un objet qui parle ? Les travaux réalisés cette année seront présentés lors de l’expo de fin d’année, en relation avec les objets de la collection et des travaux d’autres sections qui s’en inspirent également, le tout dans un dispositif scénographique conçu par quatre étudiantes de master en Architecture d’intérieur, option scénographie.

© Maureen Bougnet 2020.

 

Une collection qui « parle » à Kim Cappart

L’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège accueille depuis le début du mois de mai une jeune artiste-chercheuse en résidence : Kim Cappart, qui a obtenu une bourse “Un futur pour la culture” de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celle-ci vise à encourager les artistes, et en particulier les artistes émergents, à consolider leur pratique à travers un projet en « compagnonnage ». Kim a choisi d’ancrer son travail d’exploration et de recherche artistique au Département recherche, dans le projet « L’objet qui parle ». Après une première visite de la collection en août dernier, elle élaboré un projet personnel qu’elle nous présente ci-dessous.
Sa proposition représente une réelle opportunité d’explorer un chemin singulier et innovant pour arpenter les enjeux contemporains liés à « L’objet qui parle ».  En effet, dans une démarche associant des réflexions suscitées par la collection (et les travaux déjà réalisés) à un processus participatif, l’artiste s’attachera à concevoir et à produire une œuvre originale, qui deviendra elle-même un ancrage pour des recherches ultérieures et pour la coopération avec nos partenaires muséaux à Charleroi. De plus, son projet rejoint des préoccupations de la scénographie (Architecture d’intérieur) et du design social (Communication visuelle et graphique).

 

Kim Cappart avec un objet de la collection Diricq

 

Kim, peux-tu retracer ton parcours ?
J’ai obtenu mon diplôme de master en scénographie à Saint-Luc Bruxelles en 2017. Depuis mon mémoire intitulé « Comment la scénographie d’exposition peut aider à sensibiliser les publics sur des problématiques contemporaines dans un musée de société ? », j’ai ancré mon travail dans le secteur muséal. J’ai tenté de remonter à la racine du travail scénographique dans l’exposition pour enclencher des facteurs de changement dans l’intervention du scénographe. J’ai beaucoup d’intérêt pour le combinaison entre la savoir, la théorie d’un domaine, et la pratique artistique. Au-delà de la scénographie, je suis artiste, et j’ai envie d’expérimenter plusieurs compétences artistiques pour créer une sorte de force hybride sur un projet global, un projet d’exposition. C’est la notion de scénographe-auteur, que j’ai esquissée dans mon mémoire et que je voudrais développer à travers ce projet exploratoire.
Durant près de deux ans, j’ai travaillé sur des expositions “Public à l’œuvre” : j’ai fait de la gestion de projet, de la coordination, pour l’association Arts et publics qui soutient ces expositions. J’ai donc pu approcher les coulisses logistiques d’un projet. J’ai également suivi une formation en médiation culturelle.

Quelle est ta proposition dans le cadre de la bourse que tu as obtenue ?
Au départ, j’étais venue à Saint-Luc Liège pour envisager un projet de recherche FRArt, pour lequel j’ai également postulé, quand l’appel de la FWB a été lancé. J’ai découvert la collection de Philippe Diricq. J’ai eu l’idée de combiner ma recherche avec les travaux interdisciplinaires sur “L’objet qui parle”. Pour moi, c’est une base concrète pour tester un processus, qui reste encore assez abstrait dans ma tête. C’est un beau prétexte pour me concentrer sur ma recherche à travers cette collection d’objets. “L’objet qui parle” a résonné à ce que je faisais pour « Public à l’œuvre » : faire parler les objets dans un commissariat participatif, avec des citoyens non-professionnels. On faisait partager des expériences personnelles à partir d’objets des musées. L’objet peut produire des récits différents en fonction de qui s’exprime à son sujet. L’objet devient un médium. Il ne s’agit pas seulement de parler de son fonctionnement. Je voudrais organiser des ateliers de réflexion participative, des “conversations” avec des objets, pour faire surgir des thématiques à partir d’eux. Ensuite, je m’attellerai à la conception de l’œuvre-installation à partir de réflexions collectives autour de la collection, J’ai envie de me laisser influencer par les autres mais l’œuvre qui sera produite restera une impulsion personnelle, qui pourrait d’ailleurs aller vers le contraste. Actuellement, je n’ai pas d’idée précise sur le résultat que je pourrai obtenir. Impossible de dire dès à présent ce qu’il adviendra au terme de cette résidence! En revanche, le processus exploratoire sera partagé grâce à un carnet de recherche.

Il y a aussi une forme d’engagement dans le travail que tu envisages…
Oui, j’aimerais que les expositions proposent des visions sur des actions concrètes que chacun peut mettre en œuvre. Il y a une vraie notion d’engagement, la recherche d’un impact sur le visiteur, sans que ce soit une leçon de morale. À travers la collection Diricq, il y a vraisemblablement des thématiques sociétales et contemporaines à explorer.

 

Rédaction :

Noémie Drouguet

Shake in Conservation 2021 : postulez !

L’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège est partenaire de la deuxième édition de Conservation Talks : Big Research in Tiny Speeches qui aura lieu en février 2021 à Bruxelles.

 

Ce colloque d’une journée entière permettra aux professionnel·le·s de la conservation ainsi qu’aux étudiant·e·s dans le domaine de présenter leurs recherches et de partager leurs connaissances et leurs expériences. Le format est dynamique puisque chaque exposé ne devra pas dépasser 10 minutes. Cet événement souhaite vraiment démontrer et partager la diversité de la recherche académique en conservation en Belgique.

 

 

Proposez votre présentation ou votre poster

Il vous est possible de postuler pour proposer un présentation ou un poster concernant un mémoire de master, une thèse de doctorat ou tout travail de recherche dans le domaine de la conservation et réalisé dans une université ou une haute école belge. Les candidatures sont ouvertes à tou·te·s, diplômé·e·s (récemment ou non) ou étudiant·es : il s’agit ici de permettre à ceux et celles-ci de faire leurs premiers pas de le monde professionnel.

L’événement sera en anglais mais les débutant·e·s sont plus que bienvenu·e·s !

Intéréssé·e ?

Vous avez jusqu’au 30 septembre 2020 pour rendre votre candidature. Le programme final sera publié à la mi-novembre.

 

À noter dans vos agendas

Jeudi 25 février 2021 de 9h30 à 17h30

Musée de la Bande dessinée de Bruxelles

Conservation Talks: Big Research in Tiny Speeches

 

 

Contacts

shakeinconservation.be

  SHAKE in Conservation

  SHAKE in Conservation (groupe)

  Shake_iC

La Joconde et le Mustang, une conférence de Muriel Verbeeck

Cette année marque le vingtième anniversaire du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF). Pour l’occasion, un colloque scientifique sera dédié aux professionnels du patrimoine, conservateur·trice·s, restaurateur·trice·s, architectes, aux scientifiques qui travaillent à la connaissance de la matière des biens culturels, aux enseignant·e·s qui forment les futurs acteur·trice·s de la conservation du patrimoine. Il montrera les avancées récentes de la science au service de l’art, le progrès des connaissances que permet l’interdisciplinarité, l’évolution des principes qui régissent la conservation et la restauration des œuvres patrimoniales, les nouvelles technologies développées pour les préserver, les valoriser et les transmettre. Le tout se déroulera le mercredi 20 novembre à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

 

C’est dans ce cadre que Muriel Verbeeck, enseignante sein de la section Conservation et Restauration des œuvres d’art (CROA) à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, proposera une conférence intitulée, « La Joconde et le Mustang. Réflexion sur la théorie et la pratique de conservation des objets et œuvres d’art » :

La Contemporary theory of conservation de Salvador Munoz-Vinas a-t-elle marqué un changement de paradigme dans la façon dont nous pensons la conservation-restauration ? Les divergences d’approche entre conservation « continentale » et « anglo-saxonne », bien présentes déjà au milieu du XXe siècle, se sont-elles accusées ou résorbées ? Comment penser l’évolution de la discipline au XXIe siècle ?
L’Amérique latine, l’Asie, l’Afrique, ont, depuis un quart de siècle, acclimaté des concepts et des pratiques à leur réalité : leur expérience est à même d’enrichir notre réflexion. Les apports scientifiques, les nouvelles technologies, y compris de l’information — bientôt, l’intelligence artificielle —, invitent à repenser l’interdisciplinarité en un sens plus large, incluant les sciences humaines et sociales, mais aussi l’éthique. La conservation de demain sera en effet « soutenable », équitable, durable -non dissociable des grands bouleversements politiques et sociaux qui s’annoncent.
Dans ce contexte, on peut s’interroger sur le rôle des institutions et des centres de formation dans la réflexion sur l’acte de restaurer. Leur rôle fédérateur, leur visibilité en font des acteurs majeurs de la re-conceptualisation de la discipline, et de sa reconnaissance. Loin d’être une citadelle assiégée ou battue par les flots, la conservation qualifiée de « classique » présente tous les atouts d’une caravelle ; elle connaît son port d’attache, ses horizons sont ouverts, et sa riche cargaison mérite un inventaire.

Conservation et restauration des œuvres d’art

LES ÉTUDIANTS DE CROA À LA FONDATION VASARELY D’AIX EN PROVENCE

Du 29 octobre au 2 novembre 2018, les étudiants de master en conservation restauration d’oeuvres d’art accompagnés de trois enseignants se sont rendu à la Fondation Vasarely d’Aix en Provence pour réaliser une mission de constats d’état, en collaboration avec le Centre Interdisciplinaire de Conservation et Restauration du Patrimoine (CICRP) de Marseille.

La Fondation Vasarely est un musée-oeuvre classé monument historique, conçu et réalisé en 1975 par l’artiste plasticien Viktor Vasarely. Les parois des salles hexagonales sont habillées de 44 intégrations architecturales, oeuvres monumentales en divers matériaux réalisées à partir des peintures de l’artiste.

Le CICRP est un Groupement d’Intérêt Public à vocation culturelle assurant une assistance scientifique et technique auprès des puissances publiques pour la conservation et la restauration de biens culturels. Il conduit des études et des programmes de recherche concernant l’altération des matériaux patrimoniaux tout particulièrement dans le domaine de la pierre, des peintures sur tout support et des matériaux de l’art contemporain. Le CICRP mène un programme de recherche SUMUM sur la conception d’une plateforme collaborative de modélisation et d’annotations spatialisées en 3D de suivi de restauration pour des œuvres hors normes. La Fondation Vasarely avec ses Intégrations et ses campagnes de conservation-restauration constitue un champ d’études retenu dans le programme SUMUM.

La mission des étudiants consiste à réaliser le constat d’état et le diagnostic des oeuvres-intégrations retenues pour le projet SUMMUM. Dans le cadre de leur formation, cette mission présente un grand atout pédagogique pour les étudiants car elle leurs donne l’opportunité de travailler sur des oeuvres majeures de l’histoire de l’art du 20ème siècle, dans un espace hors norme. Elle offre une possibilité d’expérimenter conjointement des matériaux variés ainsi que des typologies d’altérations diverses, les nécessités de la documentation, la gestion des informations et des archives, le travail sur chantier et en équipe, les contraintes matérielles et financières, l’évaluation des attentes des commanditaires…

www.fondationvasarely.org/

Conservation, restauration des oeuvres d’art