L’univers d’Odile Brée

Diplômée de la section Illustration en 2015, l’artiste Odile Brée multiplie ses expériences et a toujours un ou plusieurs projets en cours. Le dernier ? Une fresque pour le Centre culturel de Verviers sur le thème de l’évasion. Un thème plus que primordial à l’heure actuelle !

 

Odile, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis donc illustratrice et animatrice, ce qui, on peut le dire, sont deux facettes de ma personne. Elles sont essentielles et interdépendantes. J’aime l’animation car elle me permet d’être constamment en relation avec les autres et de comprendre le monde qui m’entoure. L’illustration quant elle me permet d’exprimer mes interrogations, mes envies… que je projette sur la société. Ce qui est sûr, c’est que j’adore les gens, être avec eux et les mettre au centre de mes illustrations !

 

Comment as-tu décidé d’être illustratrice ?

J’ai toujours dessiné, j’ai toujours aimé ça. Les humains étaient déjà fort présents dans mes dessins quand j’y repense. En secondaire, j’avais une option art et les deux heures par semaine de cours artistiques étaient ma bulle d’oxygène, je me sentais vraiment à ma place. En parallèle, j’étais dans un mouvement de jeunesse et j’adorais créer, bricoler, etc. C’est dans ce cadre que j’ai réalisé que j’adorais la créativité sous toutes ses formes. Comme je voulais exploiter mes capacités en dessin en termes professionnels et y allier la créativité, j’ai décidé de m’inscrire à Saint-Luc.

 

Comment s’est passé ton passage à Saint-Luc ?

À la sortie du secondaire, j’ai été instinctivement intéressée par la section Illu, mais à l’époque, l’aspect incertain de la carrière m’a fait me rediriger vers la section Pub. J’y ai fait deux années, que j’ai adorées pour l’aspect créatif, à chercher des idées tout le temps. Mais elles m’ont aussi laissé un goût de trop peu au niveau de l’image et m’ont fait questionner l’aspect mercantile. C’est ainsi que je suis retournée vers Illu. Au tout début, j’avais un peu peur : ado, j’avais l’étiquette de la fille-qui-dessine-bien et j’étais terrifiée d’arriver dans une classe avec des gens comme moi. Au final, ça a été génial ! Je me suis plongée pleinement dans ces études-là et j’ai appris tout ce que je pouvais apprendre. Mes études à Saint-Luc ont été une période où ma curiosité personnelle s’est développée : j’ai lu beaucoup de BD, visité plein d’expos, expérimenté beaucoup de techniques et de sujets…

 

Peux-tu nous parler de ton TFE ?

Je me suis mis un « auto challenge » de faire une BD comme TFE en Illu ! Ce n’est pas anodin : j’ai effectué un Erasmus à Hamburg en Allemagne. Il faut savoir que l’organisation des cours est très différente là-bas. Le cursus était en Images et c’est par des cours à choix qu’on pouvait décider de comment on articulait ces images : documentaires, expressives, narratives… Là, la distinction entre BD et Illu était nettement moins marquée que chez nous. J’ai eu cours avec Anke Feuchtenberger qui nous fait découvrir l’opéra de Strauss, Der Rosenkavalier, que l’on a dû par la suite réinterpréter et j’avais choisi la BD pour le faire. Du coup, pour mon TFE à Saint-Luc, j’ai voulu réitérer cette démarche, ce qui a été apprécié.

 

Durant tes études, y a-t-il eu des moments marquants ?

Je me souviens d’un workshop en première année avec le collectif Articho qui avait pour dynamique de placer l’image dans un cadre festif, joyeux et collectif. Mais le plus marquant pour moi a été, en dernière année, le cours d’animation. Monsieur Hainaut est arrivé et m’a fait découvrir le côté décomplexé de la création artistique, celui qui dit qu’on peut s’amuser, qu’on est n’est pas obligé de raconter quelque chose en particulier, qu’on peut sortir du discours… Bref, ça m’a beaucoup plu. On a produit un travail de fin d’études en animation et j’ai trouvé qu’il me ressemblait beaucoup parce que j’ai été pioché dans des créations en feutrine que je réalisais sur le côté et j’ai pu m’amuser librement à les animer, j’ai adoré !

 

Une fois diplômée, qu’as-tu fait ?

J’ai fait le CAP, je savais que je voulais être prof mais pas dans l’immédiat, je voulais d’abord développer l’illu. J’ai été également formatrice dans les mouvements de jeunesse ; le côté pédagogue était déjà fort présent en moi et le CAP l’a concrétisé. J’ai suivi une formation en motion design chez Technifutur. Cela m’a permis de me rendre compte de deux choses capitales : la première, c’est que je préférais de loin créer les images plutôt que de les animer, et la seconde, ça n’était vraiment pas pour moi d’être derrière un ordinateur cinq jours par semaine, de 8h à 18h. Toute expérience permet d’en apprendre sur soi ! En plus, à cette époque, j’ai été privée de temps pour dessiner et, en « réaction », j’ai compris que je voulais faire ça et j’ai lancé mon compte Instagram dans l’optique de montrer spontanément mon travail. 

 

Et maintenant ?

Je travaille comme coordinatrice du CEC du Centre culturel de Dison : ce poste me correspond bien car je peux partager mon goût de la créativité, être en contact avec des gens de tous horizons, de faire de la gestion de projets, etc. Le tout, en me laissant du temps pour des projets persos.

 

Côté illustration, quels ont été tes projets ?

Une image qui a eu son petit succès est celle que j’avais réalisée sur le thème #objectifbikinifermetagueule, un hashtag lancé par l’humoriste Laura Calu. Elle a été reprise pour un article de Elle Belgique ! En parallèle, j’ai démarché des magazines qui me plaisaient et j’ai pu collaboré avec Axelle pour illustrer un article sur le capitalisme et le féminisme (voir ci-dessous). Cette illustration est capitale parce qu’encore à l’heure actuelle, trois ans plus tard, elle est fort partagée. Pas plus tard qu’hier une prof dans l’Oregon m’a demandé la permission de l’utiliser dans son cours. C’est comique de voir comment une image m’a en quelque sorte dépassée et vit sa propre vie.

 

 

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S’en sont suivies de multiples collaborations ponctuelles comme avec le collectif Les Droits Humains pour tou·te·s et Lush, Errratum, 48FM ou encore des collaborations sur le long terme comme avec Axelle ou encore Artisans du monde. J’adore la dynamique de commande en fait !

 

Et plus récemment ?

En 2019, un projet m’est tombé dessus (positivement parlant !) : j’ai été approchée par l’agence de communication anglaise Mother. Elle m’a proposé d’illustrer l’univers complet d’une campagne de communication pour un rééducateur de périnée, Elvie. J’ai réalisé trois petits spots vidéos qui mettent en action, dans un monde imaginaire, l’héroïne Bobo et son sidekick Bladder (qui se traduit littéralement par « vessie ») ; ils veulent vivre des aventures folles mais Bobo est chaque fois arrêtée par des fuites urinaires… Ce projet a été hyper enthousiasmant pour moi ; j’étais en accord avec le produit vendu, l’équipe de l’agence était adorable et j’avais une liberté créative incroyable, c’était top. Puis cerise sur le gâteau, j’avais été invitée 4 jours à Londres, c’était grisant et j’avais un peu l’impression de rentrer dans la cour des grands !

 

 

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Comment s’est passé 2020 et le confinement pour toi ?

En début d’année, j’ai eu l’occasion de collaborer pour Curieux! et pour le compte Instagram Les Grenades. Puis le confinement est arrivé, ça a été un moment de remise en question pour tout le monde, y compris moi-même. J’ai regardé dans mon rétroviseur d’illustratrice et je me suis posée plein de questions sur ce que j’avais envie de dire ou de faire. Je me suis rendue compte que j’adorais dessiner les émotions des personnages et j’ai produit une série d’illus sur les émotions. Et sur le post concernant la peur, j’ai conseillé mes abonné·e·s d’aller jeter un coup d’œil au podcast Balance ta peur d’Angelo Foley. Quelle ne fut pas ma surprise d’avoir un message de la part de ce dernier pour une collaboration !

 

Raconte !

Angelo Foley m’a proposé d’illustrer un livre qu’il était en préparation et qui allait parler de 21 peurs. Il souhaite que ça soit moi qui produise les 21 illustrations pour chacune de ces peurs évoquées (la peur de s’accepter, la peur de souffrir, la peur de passer à côté…) Ce livre ça s’appelle Les 21 peurs qui empêchent d’aimer et il est sorti en octobre dernier aux éditions Albin Michel. J’ai adoré l’exercice de trouver à chaque fois un concept pour illustrer quelque chose de ressenti. C’était ludique. J’étais assez fière d’avoir pris part à ce projet avec une belle visibilité.

 

© Odile Brée

 

Ta toute dernière actu, c’est la fresque à Verviers…

Oui, je signe là ma troisième fresque. La première était pour l’association La Sève, un centre de jour pour personnes handicapées à Xhendelesse et la deuxième pour le kot-à-projet Friskot en Saint-Léonard. Ici, j’ai répondu à un appel à projet du Centre culturel de Verviers qui cherchait à illuminer ses locaux, dont un mur de 28m2, sur la thématique de l’évasion. À mes yeux, la culture en elle-même est une évasion. En pensant à la ville de Verviers et ses habitant·e·s, j’ai voulu parler à toute une partie de la population qui n’a pas mille opportunités d’évasion. Bien que je sois une grande consommatrice de culture, j’ai aussi clairement conscience que la culture ne se résume pas à des objets, des productions, des œuvres d’art… Elle est aussi dans les gens : ce sont eux qui la partagent, la véhiculent, à travers leur vécu, leurs centres d’intérêt, leur caractère, etc. C’est donc, à nouveau, les gens que j’ai voulu mettre en avant dans cette fresque. Je les ai mis en mouvement et à l’intérieur de chaque silhouette, j’ai ouvert une fenêtre sur leur paysage intérieur. J’ai envie que les gens qui passent devant la fresque s’identifie à un paysage et une silhouette parmi les autres ! Pour avoir testé une grande quantité de médiums différents, je trouve que la peinture de fresque est quelque chose de méditatif parce qu’on est que dans le faire.

 

© Odile Brée

 

Dernière et traditionnelle question : as-tu un conseil pour nos étudiant·e·s ?

Essayez de prendre un maximum ce qu’il y a à prendre ; sans oublier de vous connecter à ce qui vous amuse, vous apporte du plaisir !

 

 

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Joyeux bordel !, enfin disponible

Alors que la pandémie mondiale en était à ses prémices, les étudiant·e·s de BAC 3 en Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège collaboraient avec le SIPS, le planning familial des jeunes situé en plein centre-ville, sur un projet qui vise à mettre en avant la vie relationnelle et sexuelle des jeunes. Le résultat ? Joyeux Bordel !

Sous-titré « Voici l’histoire touchante d’une jeunesse qui se livre », cet ouvrage souhaite démontrer qu’il est tout à fait normal de se sentir seul·e ou isolé·e lorsqu’on est jeune. Lors de l’élaboration du projet, le SIPS a récolté de nombreux témoignages d’adolescent·e·s et de jeunes adultes afin de synthétiser les pensées qui ressortaient le plus souvent durant notre jeunesse.

Après ces témoignages, le SIPS a désiré collaboré avec de jeunes artistes ; c’est pourquoi il est entré en contact avec Francine Zeyen, professeure d’illustration au sein de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, et l’une de ses classes pour illustrer les ressentis de ces 200 jeunes contacté·e·s.

Les étudiant·e·s, alors en dernière année à l’époque, ont dû travailler non seulement sur la couverture, mais aussi sur les quatre grandes thématiques de ce livre, c’est-à-dire :

  • le rapport au monde ;
  • le rapport à soi ;
  • le rapport aux autres ;
  • le rapport sexuel.

La mise en page de ce livre a été réalisée par une alumni, Ganaëlle Godenne, créatrice du studio graphique Tampala.

 

 

Curieux·se ? Joyeux Bordel ! sera distribué bientôt dans certaines écoles et librairies pour seulement 4,50 € ! Rendez-vous chez Pax, BD Liège, La Parenthèse, Livre aux Trésors, Librairie Entre-Temps, La Grande Ourse, Wattitude

Pour plus de renseignements, veuillez vous diriger vers le site internet du SIPS ou leur page Facebook.

 

 

Un article de Golab Nematzadeh.

Marine Deravet sort son premier album jeunesse

C’est aux éditions Expression de Sagesse qu’est sorti le premier album jeunesse de Marine Deravet, dans lequel elle illustre un texte de Nicole Lissoir. L’ouvrage s’intitule Le crayon écrivain et vient tout juste de sortir des presses ! Interview de cette alumni, plus que dynamique, de la section Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège.

 

Marine, commençons par ton parcours…

Je dessine depuis toute petite mais c’est une des activités à laquelle je m’adonne parmi tant, tant d’autres ! J’ai grandi dans une famille et dans un environnement avec des valeurs assez fortes, un intérêt prononcé pour le monde associatif… Du coup, j’ai choisi mon parcours scolaire en secondaire pour pouvoir servir ce côté engagé : je me suis orientée dans une option math fortes – sciences fortes parce que je me suis dit que les débouchés pourraient me permettre d’agir concrètement dans des domaines comme l’écologie, les Droits de l’homme, etc. D’ailleurs, en parallèle de mes études, je me suis engagée à deux reprises dans des voyages humanitaires au Bénin et au Sénégal, via l’association Défi Belgique Afrique. Mais j’étais aussi inscrite depuis toute jeune dans un mouvement de jeunesse, La maison extraordinaire à Athus, qui organise des activités pour enfants et adolescents avec handicap (autisme, IMC léger, handicap intellectuel ou sensoriel) en intégrant des enfants et adolescents ordinaires parmi eux, telle une inclusion inversée. C’était une activité extra-scolaire très enrichissante – je ne l’ai d’ailleurs pas quittée et y suis à présent co-coordinatrice.

 

Et comment t’es-tu orientée vers un parcours artistique ?

Même si l’art était constamment dans mon quotidien d’une manière ou d’une autre, après ma rhéto, je ne me suis pas directement inscrite dans une école d’art. Je suis à nouveau partie à l’étranger durant un an, plus précisément en Allemagne et au Royaume-Uni. En revenant, j’ai décidé d’aller à l’École Normale du Brabant-Wallon pour commencer un bachelier en instit’ primaire. Durant ce cursus, j’ai eu l’occasion de partir à l’étranger pour retrouver le Bénin dans le cadre de mon stage de dernière année.

Au moment de ma dernière année, il y a eu un grand mouvement d’immigration dans le monde ; ça a été un sujet d’actualité fort. En cours, on nous a présenté un dispositif pédagogique autour du livre Mon ami Paco (de Luc Baba et illustré par Marion Dionnet – une ancienne d’illu de Saint-Luc d’ailleurs) : une camionnette sillonnait les routes avec des livres jeunesse autour de la thématique de l’immigration tout en proposant des animations dans des classes. Pour mon TFE, j’ai travaillé en binôme à la réalisation d’une mallette pédagogique pour le livre Mon ami Jim de Kitty Crowther. Nous avons travaillé avec une classe DASPA (c’est-à-dire une classe passerelle pour des primo-arrivants) à lier l’art et le langage sous un angle ludique. Ce projet m’a vraiment fait réaliser que le dessin (ou tout autre processus créatif) pouvait m’aider à transmettre tout autant que le métier de pédagogue, tant aux enfants qu’aux adultes. Ce concept de transmission revient souvent dans ma vie – même maintenant, dans mon boulot dans un centre culturel.

 

Comment as-tu atterri à Saint-Luc Liège ?

Après mon TFE, je me suis vraiment rendue compte que je voulais transmettre tout en créant. J’ai donc voulu poursuivre des études artistiques et ai passé les épreuves d’admission de plusieurs écoles d’art en Belgique que j’ai réussies. Ce qui m’a décidée à venir à Saint-Luc à Liège, c’était d’abord l’attrait pour la Cité ardente, la possibilité de réaliser un master en sciences de l’éducation en parallèle mais aussi des bons échos que j’avais eus de l’école. Et puis, en venant sur le campus pour m’inscrire, je me souviens d’avoir eu un coup de coeur pour l’environnement dans lequel les cours se donnaient, avec ces grands espaces, les arbres, etc. J’avais eu un bon feeling en somme.

 

Et ses trois années à Liège, qu’en retires-tu ?

J’ai naturellement choisi l’illustration car elle me permettait de toucher à plusieurs techniques artistiques et processus créatifs. Cela correspond complètement à ma personnalité : j’aime tester, faire différents choix, etc. Ça a été une belle expérience en général, surtout que j’avais l’avantage d’avoir déjà mon bachelier en instit’ primaire. Cela permet d’aborder le cursus différemment, peut-être avec moins de pression. J’avais d’office une autre optique et une autre manière d’envisager les études. En tout cas, plus j’avançais, plus j’étais sûre de mon choix. J’ai adoré la liberté qu’on avait et qu’on nous donnait sur les projets. Cela correspondait tout à fait à ma vision des choses. Mes études artistiques ont été comme une aire de jeux pour mes ambitions et mes envies très diversifiées à la base. 

Aussi, j’ai beaucoup aimé la richesse des échanges, que cela soit entre étudiants ou avec les profs. Ces derniers se plaçaient dans une relation de proximité, sans dédain aucun, et nous accompagnaient, nous conseillaient sans nous dire « fais ceci, fais cela » et nous menaient à notre propre autonomisation au niveau du processus créatif.

Tout ça mis ensemble, j’ai pu faire énormément de tests et j’ai appris à me faire confiance tout en ayant écouté les retours constructifs de mes pairs ou de mes enseignants.

 

Après ton diplôme, que s’est-il passé dans ta vie ?

À l’exposition de fin d’année, mon travail a été repéré par Cathy Vandendriessche, la coordinatrice d’Expression de Sagesse (tout comme Delphine et d’autres étudiants). Elle m’a proposé de travailler avec des personnes participant à ses ateliers d’écriture et m’a associée avec Nicole Lissoir, de 50 ans mon aînée, attentionnée, curieuse et passionnée. Cathy a cette belle faculté de connecter les gens entre eux par ce qui les relie. Ici, Nicole avait écrit un texte qui parlait de son propre parcours avec Cathy sur le processus de création, sur le fait d’essayer encore et encore tout en gardant son propre plaisir. Cathy a directement fait le lien avec mon parcours et mes idéaux.

À droite, pages intérieures du livre / à gauche, Marine et Nicole en plein travail (©M. Deravet)

 

Et c’est ainsi qu’est né Le Crayon écrivain…

Oui, j’ai rencontré Nicole à maintes reprises pour monter ensemble ce projet de livre, dont elle a écrit le texte. Puis covid oblige, nous avons également dû travailler à distance. Ce projet a été pour moi une expérience unique et extrêmement enrichissante. Il y a eu énormément de discussions, d’échanges, de partage… C’est encore dans cette optique de transmission que je me suis investie dans le projet, j’ai pu mettre mes talents artistiques au service du talent d’écriture d’une autre personne. Et c’est justement mettre mes compétences au service de l’autre qui m’a le plus réjoui, surtout dans cette ambiance d’échange intergénérationnel.

À droite, gros plan de la couverture du Crayon Écrivain  / à gauche,pages intérieures du livre (©M. Deravet)

 

Quels sont tes plans pour le futur ?

Je travaille actuellement au Centre culturel Rotondes à Luxembourg ville. J’aime beaucoup l’aspect de transmettre ce que les artistes ont à dire à leur manière. J’ai demandé à travailler à temps partiel pour justement me consacrer à d’autres activités d’ordre personnel ou à des implications plus citoyennes. Cette liberté de temps va me permettre de nourrir ce côté mutli-disciplinaire, multi-engagé, que je chéris depuis toute jeune. Je peux travailler sur des livres, des missions de graphisme, de la customisation de meubles… En ce moment, je suis plutôt dans une optique de récup’ et zéro déchet ! Le tout, sans oublier que je suis toujours co-coordinatrice à La Maison extraordinaire.

 

Un conseil pour nos étudiant·e·s ?

Dans le processus de création, beaucoup d’émotions arrivent et parfois on se sent contraint. Et dans ces cas-là, il faut se rappeler de l’essentiel, de la raison originelle de pourquoi on dessine. La meilleure dynamique est à mes yeux d’être à l’écoute des autres mais surtout de soi et adopter une sorte de troisième voie qui nous ressemble. Rappelez-vous de pourquoi vous êtes là, à Saint-Luc ! Mon livre, Le Crayon écrivain, a été un projet très chouette pour moi et la façon dont il s’est construit sort des sentiers que l’on peut connaître (les maisons d’édition traditionnelles entre autres). Il y a d’autres projets comme Expression de Sagesse. Ouvrez vos yeux, ouvrez vos oreilles… Il y aura toujours des gens qui auront besoin de mettre leur projet en image(s) ! 

 

Se procurer Le Crayon écrivain

En magasins : La Parenthèse à Liège, La Dérive à Huy, Papyrus à Namur, Aux Mains des Artisans à Wellin

En ligne : via le site Expression de Sagesse

 

 

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Delphine Lismonde sort son premier livre pour enfants

Diplômée de la section Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège en 2019, Delphine Lismonde a sorti L’Aigle et l’Oiseau, un livre jeunesse qu’elle signe avec une auteure originale, une personne âgée aux talents d’écriture certains : Sœur Céline. Rencontre avec notre alumni pour en savoir plus sur cet ouvrage.

 

Delphine, peux-tu nous parler de ton parcours en général ?

Dès mon enfance, le dessin a été omniprésent. J’adorerais cela mais quand il a fallu choisir mon école secondaire, les membres de ma famille voulaient que je suive plus ou moins leurs traces dans des domaines comme la médecine. Donc j’ai été inscrite dans une école prodiguant un enseignement général, l’Institut Sainte-Marie à Huy. Les quatre premières années là-bas n’ont pas été roses ; c’est plutôt en dehors de l’école que je m’épanouissais, notamment grâce à des cours d’aquarelle que j’ai commencé à mes 14 ans. C’était ma bulle, j’adorais vraiment y aller. Et poussée par mon professeur de dessin, je me suis résolue à demander à mes parents pour changer d’école secondaire.

 

Très tôt, Saint-Luc…

Je suis arrivée en 5e à l’Institut d’Enseignement Secondaire Saint-Luc Liège, rue Louvrex, pour entamer des études artistiques. Cela a été pour moi un énorme changement ! Autant avant j’étais super timide, autant à partir de ce moment-là, je me suis révélée : je faisais enfin ce dont j’avais envie ! Cela a eu des effets bénéfiques sur moi et mon entourage. En voyant que j’étais beaucoup plus épanouie, ma famille a accepté ce changement de cap et m’a soutenue. Après la rhéto, assez naturellement, je suis allée à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège – choix duquel je suis assez contente au final. C’est lors de mes années passées là-bas que j’ai rencontré des personnes vraiment géniales, avec qui je garde le lien toujours maintenant.

 

Comment se sont passées tes années chez nous ?

Comme pour le secondaire, j’ai bien aimé la proximité entre les profs et les étudiants, mais surtout le fait qu’on nous mette vraiment à l’aise. Mes années dans la section Illustration m’ont permis d’évoluer, d’améliorer ma pratique artistique, de rencontrer – comme je le disais – des personnes importantes… Le petit goût d’amertume qui me reste concerne mon TFE dont l’élaboration a été tourmentée : j’ai dû le postposter d’un an. Il m’a fallu digérer le refus de mon TFE puis recommencer le travail. C’était vraiment quelque chose qui occupait mon esprit à cette époque. J’ai retroussé mes manches et ai produit un TFE autour du syndrome du jumeau perdu avec une adaptation d’un texte de Platon et une technique de diluée et d’aquarelle. À l’exposition de fin d’année, j’ai été remarquée par Cathy Vandendriessche, qui s’occupe d’Expression de sagesse.

 

Que s’est-il passé suite à cette rencontre ?

Cathy Vandendriessche, via son association Expression de Sagesse, organise des ateliers d’écriture pour personnes âgées dans des homes. L’originalité est qu’elle souhaite le processus intergénérationnel car elle associe un auteur issu de ces ateliers avec un jeune illustrateur. Le mélange d’expériences et l’échange sont primordiaux. Sa première volonté était de nous expliquer, à moi et d’autres jeunes illustrateurs (dont certains issus de Saint-Luc) la dynamique de travail, la sensibilité des personnes âgées ainsi que leur fonctionnement. Elle souhaite qu’il y ait vraiment une connexion de personnalités entre auteur et illustrateur.

 

De gauche à droite : Delphine Lismonde et Sœur Céline ; des exemplaires de L’Aigle et l’Oiseau ; pages intérieures — © D. Lismonde

 

C’est comme ça qu’est né L’Aigle et l’Oiseau

J’ai rencontré une ancienne soeur qui réside dans un home à Banneux, elle s’appelle Sœur Céline. D’origine néerlandophone, elle a participé à l’atelier d’écriture pour faire passer le message suivant : l’acceptation des autres malgré la différence. C’est un thème que je partage et qui résonne fortement en moi : je suis d’origine vietnamienne et adoptée — c’est d’ailleurs un sujet qui revenait souvent dans mes travaux à Saint-Luc. Le livre L’Aigle et l’Oiseau s’adresse aux enfants entre 4 et 8 ans environ et raconte l’histoire, sous forme de conte, d’une maman oiseau qui se casse une aile et est éloignée de ses nouveaux nés alors qu’un aigle s’approche du nid. C’est une histoire qui nous parle de solidarité et je vous laisse la découvrir en tournant les pages du livre.

 

Comment as-tu vécu ce projet ?

Travailler avec une personne âgée m’a permis de pratiquer un échange d’expériences ; je me suis rendue compte qu’on ne fréquentait pas/plus/que trop peu les personnes âgées alors que c’est important quand on y pense. Ça a été une grosse expérience pour moi qui m’a remise sur pied d’un point de vue professionnel. Je suis déterminée à percer dans le domaine de l’illustration. Je suis proactive et contacte des maisons d’édition, des salons… Je suis d’ailleurs en train de préparer un deuxième ouvrage avec Expression de Sagesse.

 

Quel conseil pour nos étudiant·e·s ?

Quand on a envie de vivre de sa passion, je pense qu’il faut déjà commencer durant les années d’études à faire des démarches vers les éditeurs, les professionnels du milieu… Bref être dans une démarche dynamique et aller poser les questions directement aux maisons d’édition pour connaître leurs besoins, envies, exigences, etc. Même si on est formé en cours à tout cela, cela peut rester théorique, abstrait. Rien de tel que du concret, donc : dégainez votre téléphone !

 

 

Se procurer L’Aigle et l’Oiseau (éd. Expression de Sagesse)

En librairie : La Parenthèse à Liège, La Dérive à Huy, Papyrus à Namur

En ligne : via le site Expression de Sagesse

 

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L’ours qui chante, le nouvel album d’Émile Jadoul

Ce 14 octobre, sortira aux éditions l’Ecole des Loisirs-Pastel le nouvel album d’Émile Jadoul, enseignant à l’École Supérieur des Arts Saint-Luc Liège : L’ours qui chante.

Cet album nous emmène au moment où la lune se lève sur la forêt… C’est là qu’Ours chante ! Ours chante doucement pour endormir ses amis Lapin, Poulette et ses poussins, et son ami Merle. C’est Merle qui lui a appris toutes les chansons. Avant, Merle chantait pour toute la forêt, maintenant Merle est vieux. Alors depuis, Ours est sa voix.

 

Disponible dans toute bonne librairie !

 

emilejadoul.be

L’almanach de nos saisons, par Mara de la Brochetta

L’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège aime être au courant de ce qui se passe dans la vie de ses diplômé·e·s une fois qu’ils ou elles ont quitté le campus. Récemment, une ancienne de la section Illustration a publié un nouvel ouvrage avec une maison d’édition liégeoise. Rencontre avec Mara de la Brochetta, de son vrai nom Mara Gaspar, qui propose L’Almanach de nos saisons.

 

Entretien avec Mara de la Brochetta

Comment est né cet ouvrage ?

J’avais envie de parler des fruits et légumes de saison, surtout ceux de nos régions. En en discutant avec mon éditeur, L’Air du Temps, celui-ci m’a proposé de constituer un livre de recettes. Nous avons travaillé ensemble à trouver les recettes, les trier… et bien entendu les tester ! Ce livre est donc issu d’une envie personnelle, d’un échange d’idées et d’un travail d’équipe. D’ailleurs, mon mari, David Dupont, est graphiste (un ancien de Saint-Luc lui aussi) et a participé à la mise en page tout en apportant ses propres idées. Voilà comment est né L’Almanach de nos saisons !

 

Peux-tu nous en dire plus sur ta maison d’édition ?

L’Air du Temps est une mini maison d’édition liégeoise. Elle souhaite mettre en avant les artistes liégeois. L’équipe dégage une super bonne énergie, c’est agréable de travailler avec eux. L’Almanach de nos saisons n’est d’ailleurs pas notre première collaboration. L’an dernier, j’ai publié trois ouvrages. Un agenda autour du thème des fables de La Fontaine pour lequel j’ai produit une cinquantaine d’illustrations, un recueil de citations de La Fontaine illustré et enfin, un fanzine composé uniquement de mes illustrations.

 

 

En parlant de tes illustrations, dans L’Almanach de nos saisons, on retrouve de petits personnages récurrents : Les Moussus…

Il y a quelques temps, j’ai créé un personnage qui m’était propre, qui me revenait spontanément et que je pouvais redessiner facilement. C’est ainsi qu’est né le premier Moussu. J’ai adoré le représenter et au fur et à mesure, d’autres sont arrivés en cours de route. C’est comme un petit peuple… Il y en a pas mal sur ma page Instagram. Ils ont tous un élément végétal, naturel au-dessus de la tête. Dans L’Almanach, les Moussus ont permis de créer un fil conducteur entre les recettes. L’élément au-dessus de leur tête renvoie aussi à un des ingrédients de la recette. Bref, leur présence rend la lecture dynamique pour les lectrices et lecteurs. Et avec ce livre, c’est vraiment la toute première fois qu’ils « sortent », qu’ils sont imprimés ! 

 

Quelle place exactement occupe l’illustration dans ta vie ?

Je dessine tous les jours. Ça a toujours été comme ça autant que je me souvienne. Après mes études à Saint-Luc, les maisons d’édition ne sont pas revenues vers moi. Je me suis alors tournée vers le tatouage, moins pour tatouer concrètement que pour dessiner les projets des gens. Là encore, je pouvais dessiner tous les jours ! J’ai également fait quelques expositions, quelques parutions dans des magazines. Aujourd’hui, je m’occupe de ma petite fille, ce qui me permet d’avoir du temps pour dessiner et parallèlement, de réaliser des projets avec ma maison d’édition.

 

Comment travailles-tu ?

Je ne travaille pas beaucoup par ordinateur, je n’aime pas trop ça. Je travaille essentiellement par encrage, avec des feutres ou de l’écoline. Pour L’Almanach, j’ai utilisé feutres, crayons et Posca. D’ailleurs, j’utilise de plus en plus les Posca, parce que je maîtrise de plus en plus la technique, ça devient chouette !

 

Si on parle à présent de Saint-Luc, qu’aurais-tu envie de nous dire ?

Je garde un assez bon souvenir de mon passage à l’école, qui remonte à quelques années maintenant. J’ai rencontré de chouettes personnes et m’y suis même fait de très bons amis. J’ai également appris beaucoup, notamment au niveau de la multiplicité des techniques. Deux profs ont particulièrement marqué mon cursus et m’ont donné une énorme énergie : Monsieur Parrondo et Monsieur Foccroule. Ils m’ont permis d’évoluer, ils étaient très positifs et très passionnés !

 

Un conseil pour nos étudiant·e·s ?

Restez super curieux.ses, regardez des bouquins, des films… bref tout ce qui peut vous nourrir au maximum. Puis faites les choses en vous faisant plaisir avant tout, faites-le pour vous. C’est comme ça qu’on produit de bonnes choses et qu’on est satisfait !

 

 

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Le Grand lit de Léon, nouveau livre jeunesse d’Émile Jadoul

Auteur d’une multitude de livres jeunesse, Émile Jadoul est également enseignant de la section Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège. Aujourd’hui, il sort un tout nouvel ouvrage : Le Grand lit de Léon, à L’École des Loisirs.

On y retrouve un personnage de précédents livres comme Gros Boudeur ou Gros Pipi, le petit pingouin Léon. Cette fois-ci, il va dormir dans un grand lit. Il est fier ! Il y installe son doudou, son camion de pompier, son ballon. Il peut même y faire des roulades ! Son petit frère Marcel, lui, va dormir dans le petit lit de Léon. Mais il n’a pas envie : « C’est trop petit un petit lit ! » Et puis, la nuit arrive. Le dodo ne semble pas avoir envie de venir dans le petit lit de Marcel ni dans le grand lit de Léon. Et s’il se cachait finalement dans le super très grand lit de Papa et Maman ?

 

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Un ouvrage à découvrir de toute urgence dans toute bonne librairie !

 

Creative40, l’expo célébrant les 40 ans de Camera-etc

En raison des mesures gouvernementales concernant la pandémie de coronavirus, nous sommes contraints d’annuler cet événement prématurément. Nous en sommes désolés.

 


 

 

2020 marque le quarantième anniversaire de l’association liégeoise Camera-etc ! L’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège s’est associée à l’événement #Creative40 qui aura permis à certain·e·s de nos étudiant·e·s d’y prendre part.

 

Camera-etc

Créé à Liège en 1979, Camera-etc est un atelier de cinéma d’animation qui a développé ses activités autour de trois axes : la production de films d’auteurs, les ateliers collectifs et les partenariats artistiques et sociaux. Au fil des années, les activités se sont diversifiées : projets à l’international, résidences d’artistes, stages initiatiques, ateliers pour adultes, interventions dans les milieux scolaires… C’est une quinzaine de personnes qui travaillent à présent dans de vastes locaux à Wandre pour cette association reconnue comme Centre d’Expression et de Créativité (CEC) et comme Atelier de Production par le Centre du cinéma et de l’audiovisuel.

L’un de nos enseignants, Frédéric Hainaut, y est animateur depuis 2013.

Reportage sur Le Marcheur, court-métrage primé plusieurs fois – JT RTBF du 22.02.2018

 

#Creative40

40 ans, ça se fête ! Camera-etc a mis les petits plats dans les grands et propose une multitude d’événements.

Une exposition rendra compte, au travers d’éléments en 2D et en 3D, du dynamisme et de la richesse graphique du studio liégeois, tout en mettant en avant ceux qui font les films ou y collaborent. Les visiteurs et visiteuses pourront découvrir des images grands formats, des projets en cours, des maquettes composées de personnages en volume, des dessins originaux…  La scénographie de cette exposition est conçue par trois étudiantes de master de notre section Architecture d’intérieur, option Espaces scénographiques : Anaïs Léonard, Amandine Léonard et Eva Chabal. Cette exposition débutera à Flagey le 21 février prochain (jusqu’au 1er mars) durant le Festival ANIMA de Bruxelles. Elle viendra ensuite s’installer à la BOX 41, salle d’exposition de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, du 6 au 28 mars — vernissage le jeudi 5 mars à 18h.

Pour ajouter une touche festive, une soirée est organisée le mercredi 26 février à Flagey, on y présentera des films récemment produits par Camera-etc. Elle sera aussi l’occasion de vernir l’exposition et de fêter l’anniversaire de l’association lors d’une réception anniversaire. Liégeois·e·s, soyez de la partie ! Un trajet en car est organisé dès 17h depuis Liège pour l’occasion ; n’hésitez pas à contacter Mme Martin pour toute réservation.

Du côté de la Cité ardente, le ciné-club organisé par le Conseil culturel de l’École proposera également les projections de Camera-etc à L’An Vert, le mardi 10 mars avec, dès 18h, le vernissage de l’exposition de travaux d’étudiant·e·s de la section Illustration (B1, B2, B3). C’est d’ailleurs des étudiant·e·s de cette section qui ont conçu l’affiche du ciné-club.

En plus, l’École organisera une exposition des affiches créées par les étudiant·e·s de B3 Illustration à l’occasion de ce ciné-club à l’Espace ULiège Opéra. L’expo se visite du lundi au vendredi, de 10h à 14h, du 12 au 31 mars.

 

 

On récapitule ?

Exposition #Creative40 : 

À Flagey du 21 février au 1er mars

À la BOX41 du 6 au 28 mars – vernissage le jeudi 5 mars à 18h

Soirée festive d’inauguration :

Mercredi 26 février à 19h45 au Festival Anima (Flagey)

Ciné-club spécial Camera-etc :

Mardi 10 mars à 18h à L’An Vert

 

camera-etc.be

De l’embarras au choix, premier album jeunesse de Romane Lefebvre

Originaire de Lille, Romane Lefebvre a terminé ses études secondaires à l’Institut Saint-Luc de Tournai puis est venue suivre le cursus en Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, dont elle a été diplômée en 2019. Il y a quelques jours, elle sortait son premier album jeunesse intitulé De l’embarras au choix, chez CotCotCot Éditions.

« Si choisir, c’est renoncer… Ne pas choisir, c’est encore choisir. Quel embarras ! » Tel est le synopsis de cet album, dans lequel on suit Maurice, un personne attachant qui doit sans cesse choisir, comme nous tous au quotidien.

Entretien

Quelle est la genèse de ce premier album, qui était à la base un travail de fin d’études ?

Pour moi, c’était une évidence de créer un livre comme travail de fin d’études en illustration. Je souhaitais travailler sur un sujet « abstrait », à partir duquel on peut faire des métaphores. C’est pourquoi j’ai abordé la thématique des choix : ceux de tous les jours, tant bien simples que compliqués. Et j’ai voulu montrer cela comme un chemin, une aventure. Dans ce travail, il y a un jeu de couleurs par rapport à aux choix, mais aussi un jeu sur l’aspect graphique qui relève de la poésie. Les enfants ne le liront certainement pas directement la thématique des choix ; ils inventeront des aventures avec le personnage. Tandis que les adultes pourront se reconnaître dans cette activité quotidienne de faire des choix, ceux qui d’apparence très simple peuvent changer une vie notamment.

 

Dans quel état d’esprit étais-tu pour ce travail de fin d’études ?

Le plus grand questionnement qui accompagne le processus est : cela va-t-il plaire ? Surtout qu’en plus des enseignant·e·s, il y a une autre variable : le jury, qui rajoute une pression supplémentaire. Tout au long de ce travail, j’ai oscillé entre des phases de détermination où aucun doute ne m’assaillait et des phases de remise en question. Au final, j’étais satisfaite du résultat.

 

La suite directe de ce travail de fin d’études a été la publication…

Oui, le jury a vraiment apprécié mon travail et j’ai eu de bons retours d’enseignant·e·s. Dans ce jury, dont la composition nous est dévoilée quelques jours avant, il y avait Odile Flament, des éditions CotCotCot. Celle-ci m’a recontacté après pour une rencontre à Lille : elle souhaitait publier mon livre !

Dans l’absolu, à la fin de mes études, j’ai voulu faire les choses dans l’ordre et sans précipitation : j’ai d’abord réalisé mon travail de fin d’études, j’ai passé mon jury, j’ai été diplômée puis je me suis lancée dans ce projet de premier album.

 

Et fin 2019 tu assistais à la 35e édition du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse. Dis-nous en plus ?

Le Salon se déroule à Montreuil chaque fin d’année. C’est d’ailleurs une excursion que l’on avait faite durant le bac en illu. Du coup, c’était chouette de s’y retrouver du côté des illustrateurs ! J’étais avec d’autres artistes sur le stand de CotCotCot Éditions pour présenter mon album en avant-première, en attendant la sortie officielle de janvier 2020. J’ai dédicacé des exemplaires pour des profs, des journalistes, des personnes du monde du livre et de l’édition… 

 

As-tu déjà des projets pour le futur ?

Depuis juin, je fais partie d’une galerie lilloise, la Galerie Illu, qui propose des illustrations originales en édition limitée. C’est donc un lieu où on peut trouver mes illustrations. J’ai également collaboré avec Scalp. Dans un futur proche, je souhaite développer une boutique en ligne et je vais commencer à dessiner ce qui se passe durant une matinale de Radio Nova. Puis j’ai déjà un nouveau livre en tête… !

 

Pour conclure, que peux-tu nous dire de son passage à Saint-Luc Liège ?

Après Saint-Luc Tournai, venir à Saint-Luc Liège était logique mais je l’ai aussi fait sur un coup de tête. J’ai pu me rendre compte de l’évolution importante de mon univers entre les deux écoles. À Liège, on nous ouvre l’esprit, on nous montre beaucoup de choses différentes. J’ai été plongée dans l’univers de l’illustration jeunesse alors qu’à Tournai, ce n’était pas vraiment le cas. Pour ma part, il y a un déclic après avoir eu entre les mains Un thé aux nuages de Stéphane Ebner, un roman graphique réalisé aux crayons de couleur. C’est à partir de là que j’ai exploré les couleurs vives, primaires, que j’ai développé mon propre univers et le style qui me correspondait.

 

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@roro_mawouane

Prix Coup de cœur pour l’affiche créée par Jérôme Delhez

À la rentrée scolaire dernière, la Direction de la Langue Française de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Service Général des Lettres et du Livre) lançait un concours de réalisation d’une affiche pour son événement La Langue Française en Fête 2020.

Pour rappel, cet événement annuel vise à rappeler à chacun·e que la langue française est faite pour les citoyen·ne·s et non l’inverse. Tout au long d’une semaine, il s’agira de « vivre le français » au rythme d’un programme d’activités festif et ludique : ateliers d’écriture, expositions, spectacles, performances… Le tout, dans différentes villes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’édition de 2020 aura lieu du 18 au 26 mars et aura pour thématique l’eau.

Le concours était proposé aux classes des écoles supérieures d’arts graphiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; chaque classe remettant une sélection de trois projets. Les étudiant·e·s de B3 de la section Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège y ont pris part et l’un d’eux, Jérôme Delhez, a reçu le prix Coup de cœur de l’Administration Générale de la Culture.

En plus d’une exposition des projets des affiches, toute la classe sera invitée à une masterclass, « Des études en illustration aux premières parutions », lors de la Foire du Livre. Encore félicitations à tou·te·s les participant·e·s et à Jérôme Delhez !

 

L’affiche créée par Jérôme Delhez