L’univers d’Odile Brée

Diplômée de la section Illustration en 2015, l’artiste Odile Brée multiplie ses expériences et a toujours un ou plusieurs projets en cours. Le dernier ? Une fresque pour le Centre culturel de Verviers sur le thème de l’évasion. Un thème plus que primordial à l’heure actuelle !

 

Odile, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis donc illustratrice et animatrice, ce qui, on peut le dire, sont deux facettes de ma personne. Elles sont essentielles et interdépendantes. J’aime l’animation car elle me permet d’être constamment en relation avec les autres et de comprendre le monde qui m’entoure. L’illustration quant elle me permet d’exprimer mes interrogations, mes envies… que je projette sur la société. Ce qui est sûr, c’est que j’adore les gens, être avec eux et les mettre au centre de mes illustrations !

 

Comment as-tu décidé d’être illustratrice ?

J’ai toujours dessiné, j’ai toujours aimé ça. Les humains étaient déjà fort présents dans mes dessins quand j’y repense. En secondaire, j’avais une option art et les deux heures par semaine de cours artistiques étaient ma bulle d’oxygène, je me sentais vraiment à ma place. En parallèle, j’étais dans un mouvement de jeunesse et j’adorais créer, bricoler, etc. C’est dans ce cadre que j’ai réalisé que j’adorais la créativité sous toutes ses formes. Comme je voulais exploiter mes capacités en dessin en termes professionnels et y allier la créativité, j’ai décidé de m’inscrire à Saint-Luc.

 

Comment s’est passé ton passage à Saint-Luc ?

À la sortie du secondaire, j’ai été instinctivement intéressée par la section Illu, mais à l’époque, l’aspect incertain de la carrière m’a fait me rediriger vers la section Pub. J’y ai fait deux années, que j’ai adorées pour l’aspect créatif, à chercher des idées tout le temps. Mais elles m’ont aussi laissé un goût de trop peu au niveau de l’image et m’ont fait questionner l’aspect mercantile. C’est ainsi que je suis retournée vers Illu. Au tout début, j’avais un peu peur : ado, j’avais l’étiquette de la fille-qui-dessine-bien et j’étais terrifiée d’arriver dans une classe avec des gens comme moi. Au final, ça a été génial ! Je me suis plongée pleinement dans ces études-là et j’ai appris tout ce que je pouvais apprendre. Mes études à Saint-Luc ont été une période où ma curiosité personnelle s’est développée : j’ai lu beaucoup de BD, visité plein d’expos, expérimenté beaucoup de techniques et de sujets…

 

Peux-tu nous parler de ton TFE ?

Je me suis mis un « auto challenge » de faire une BD comme TFE en Illu ! Ce n’est pas anodin : j’ai effectué un Erasmus à Hamburg en Allemagne. Il faut savoir que l’organisation des cours est très différente là-bas. Le cursus était en Images et c’est par des cours à choix qu’on pouvait décider de comment on articulait ces images : documentaires, expressives, narratives… Là, la distinction entre BD et Illu était nettement moins marquée que chez nous. J’ai eu cours avec Anke Feuchtenberger qui nous fait découvrir l’opéra de Strauss, Der Rosenkavalier, que l’on a dû par la suite réinterpréter et j’avais choisi la BD pour le faire. Du coup, pour mon TFE à Saint-Luc, j’ai voulu réitérer cette démarche, ce qui a été apprécié.

 

Durant tes études, y a-t-il eu des moments marquants ?

Je me souviens d’un workshop en première année avec le collectif Articho qui avait pour dynamique de placer l’image dans un cadre festif, joyeux et collectif. Mais le plus marquant pour moi a été, en dernière année, le cours d’animation. Monsieur Hainaut est arrivé et m’a fait découvrir le côté décomplexé de la création artistique, celui qui dit qu’on peut s’amuser, qu’on est n’est pas obligé de raconter quelque chose en particulier, qu’on peut sortir du discours… Bref, ça m’a beaucoup plu. On a produit un travail de fin d’études en animation et j’ai trouvé qu’il me ressemblait beaucoup parce que j’ai été pioché dans des créations en feutrine que je réalisais sur le côté et j’ai pu m’amuser librement à les animer, j’ai adoré !

 

Une fois diplômée, qu’as-tu fait ?

J’ai fait le CAP, je savais que je voulais être prof mais pas dans l’immédiat, je voulais d’abord développer l’illu. J’ai été également formatrice dans les mouvements de jeunesse ; le côté pédagogue était déjà fort présent en moi et le CAP l’a concrétisé. J’ai suivi une formation en motion design chez Technifutur. Cela m’a permis de me rendre compte de deux choses capitales : la première, c’est que je préférais de loin créer les images plutôt que de les animer, et la seconde, ça n’était vraiment pas pour moi d’être derrière un ordinateur cinq jours par semaine, de 8h à 18h. Toute expérience permet d’en apprendre sur soi ! En plus, à cette époque, j’ai été privée de temps pour dessiner et, en « réaction », j’ai compris que je voulais faire ça et j’ai lancé mon compte Instagram dans l’optique de montrer spontanément mon travail. 

 

Et maintenant ?

Je travaille comme coordinatrice du CEC du Centre culturel de Dison : ce poste me correspond bien car je peux partager mon goût de la créativité, être en contact avec des gens de tous horizons, de faire de la gestion de projets, etc. Le tout, en me laissant du temps pour des projets persos.

 

Côté illustration, quels ont été tes projets ?

Une image qui a eu son petit succès est celle que j’avais réalisée sur le thème #objectifbikinifermetagueule, un hashtag lancé par l’humoriste Laura Calu. Elle a été reprise pour un article de Elle Belgique ! En parallèle, j’ai démarché des magazines qui me plaisaient et j’ai pu collaboré avec Axelle pour illustrer un article sur le capitalisme et le féminisme (voir ci-dessous). Cette illustration est capitale parce qu’encore à l’heure actuelle, trois ans plus tard, elle est fort partagée. Pas plus tard qu’hier une prof dans l’Oregon m’a demandé la permission de l’utiliser dans son cours. C’est comique de voir comment une image m’a en quelque sorte dépassée et vit sa propre vie.

 

 

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S’en sont suivies de multiples collaborations ponctuelles comme avec le collectif Les Droits Humains pour tou·te·s et Lush, Errratum, 48FM ou encore des collaborations sur le long terme comme avec Axelle ou encore Artisans du monde. J’adore la dynamique de commande en fait !

 

Et plus récemment ?

En 2019, un projet m’est tombé dessus (positivement parlant !) : j’ai été approchée par l’agence de communication anglaise Mother. Elle m’a proposé d’illustrer l’univers complet d’une campagne de communication pour un rééducateur de périnée, Elvie. J’ai réalisé trois petits spots vidéos qui mettent en action, dans un monde imaginaire, l’héroïne Bobo et son sidekick Bladder (qui se traduit littéralement par « vessie ») ; ils veulent vivre des aventures folles mais Bobo est chaque fois arrêtée par des fuites urinaires… Ce projet a été hyper enthousiasmant pour moi ; j’étais en accord avec le produit vendu, l’équipe de l’agence était adorable et j’avais une liberté créative incroyable, c’était top. Puis cerise sur le gâteau, j’avais été invitée 4 jours à Londres, c’était grisant et j’avais un peu l’impression de rentrer dans la cour des grands !

 

 

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Comment s’est passé 2020 et le confinement pour toi ?

En début d’année, j’ai eu l’occasion de collaborer pour Curieux! et pour le compte Instagram Les Grenades. Puis le confinement est arrivé, ça a été un moment de remise en question pour tout le monde, y compris moi-même. J’ai regardé dans mon rétroviseur d’illustratrice et je me suis posée plein de questions sur ce que j’avais envie de dire ou de faire. Je me suis rendue compte que j’adorais dessiner les émotions des personnages et j’ai produit une série d’illus sur les émotions. Et sur le post concernant la peur, j’ai conseillé mes abonné·e·s d’aller jeter un coup d’œil au podcast Balance ta peur d’Angelo Foley. Quelle ne fut pas ma surprise d’avoir un message de la part de ce dernier pour une collaboration !

 

Raconte !

Angelo Foley m’a proposé d’illustrer un livre qu’il était en préparation et qui allait parler de 21 peurs. Il souhaite que ça soit moi qui produise les 21 illustrations pour chacune de ces peurs évoquées (la peur de s’accepter, la peur de souffrir, la peur de passer à côté…) Ce livre ça s’appelle Les 21 peurs qui empêchent d’aimer et il est sorti en octobre dernier aux éditions Albin Michel. J’ai adoré l’exercice de trouver à chaque fois un concept pour illustrer quelque chose de ressenti. C’était ludique. J’étais assez fière d’avoir pris part à ce projet avec une belle visibilité.

 

© Odile Brée

 

Ta toute dernière actu, c’est la fresque à Verviers…

Oui, je signe là ma troisième fresque. La première était pour l’association La Sève, un centre de jour pour personnes handicapées à Xhendelesse et la deuxième pour le kot-à-projet Friskot en Saint-Léonard. Ici, j’ai répondu à un appel à projet du Centre culturel de Verviers qui cherchait à illuminer ses locaux, dont un mur de 28m2, sur la thématique de l’évasion. À mes yeux, la culture en elle-même est une évasion. En pensant à la ville de Verviers et ses habitant·e·s, j’ai voulu parler à toute une partie de la population qui n’a pas mille opportunités d’évasion. Bien que je sois une grande consommatrice de culture, j’ai aussi clairement conscience que la culture ne se résume pas à des objets, des productions, des œuvres d’art… Elle est aussi dans les gens : ce sont eux qui la partagent, la véhiculent, à travers leur vécu, leurs centres d’intérêt, leur caractère, etc. C’est donc, à nouveau, les gens que j’ai voulu mettre en avant dans cette fresque. Je les ai mis en mouvement et à l’intérieur de chaque silhouette, j’ai ouvert une fenêtre sur leur paysage intérieur. J’ai envie que les gens qui passent devant la fresque s’identifie à un paysage et une silhouette parmi les autres ! Pour avoir testé une grande quantité de médiums différents, je trouve que la peinture de fresque est quelque chose de méditatif parce qu’on est que dans le faire.

 

© Odile Brée

 

Dernière et traditionnelle question : as-tu un conseil pour nos étudiant·e·s ?

Essayez de prendre un maximum ce qu’il y a à prendre ; sans oublier de vous connecter à ce qui vous amuse, vous apporte du plaisir !

 

 

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Découvrez le graphiste de nos Portes ouvertes virtuelles

Christophe Lonneux, diplômé de la section Publicité de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, a créé nos visuels des Portes ouvertes virtuelles ! Aujourd’hui, il nous présente son parcours chez nous, sa carrière d’enseignant et son propre studio : Nomade Creative Studio.

 

 

Christophe, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Christophe Lonneux, j’ai 29 ans et je viens de Visé. Après les secondaires, j’ai poursuivi un bachelier en Publicité à Saint-Luc de 2010 à 2013 et je tiens maintenant Nomade Studio.

 

Pourquoi la section publicité ?

J’ai commencé à pratiquer le graphisme dès l’adolescence en travaillant pour des petites entreprises ou des indépendants. Pendant ma rhéto, j’hésitais encore entre graphisme et publicité et c’est pour cette raison que j’ai participé aux portes ouvertes de Saint-Luc. Durant cet événement, je me suis rendu compte, à l’aide des enseignants présents, que le profil de la section publicité me correspondait parfaitement ! Je me suis donc orienté vers cette option.

 

Qu’est-ce qui t’a le plus plu durant ces 3 ans ?

L’ambiance générale de l’établissement me plaisait énormément. Pas un jour ne passait sans une bonne anecdote car l’école proposait sans cesse de nouvelles activités, que ce soit les 24h pub ou encore les cours de croquis dans la maison du Peket. Je m’entendais autant avec les enseignants que les autres étudiants ! D’ailleurs, j’ai gardé des contacts avec la plupart d’entre eux et on se voit/se fréquente régulièrement. Mes études m’ont également permis d’affiner mon regard sur le monde.

 

Et après ton diplôme ?

Après quelques mois de recherche d’emploi, j’ai compris que ce n’est pas seulement vers les agences qu’il faut se diriger mais aussi et surtout, vers les petites entreprises. J’ai donc postulé chez J&Joy, une entreprise belge dans laquelle j’ai travaillé pendant 5 ans. Durant ces cinq longues années, je gérais le graphisme, les réseaux sociaux et les prints de l’entreprise, mais pas que ! Je m’occupais également du stylisme, des shootings et de la stratégie marketing.
Ensuite, pour acquérir plus d’expérience, j’ai décidé de continuer mon aventure chez Cible-Communication à Barchon, une agence de communication réputée.

 

Une carrière dans l’enseignement t’a tentée ?

J’ai toujours voulu me lancer dans le domaine de l’enseignement et j’ai eu cette opportunité en 2019 ! J’ai donné cours de réseaux sociaux aux B3 dans la section Publicité à Saint-Luc pendant tout un quadrimestre. En plus d’une formation des réseaux sociaux, j’essayais de leur apprendre le mailing et les stratégies marketing, qui sont des outils très important pour ces futurs publicitaires ! Grâce à cette expérience, j’ai eu l’occasion de vivre deux points de vue à Saint-Luc : celui d’étudiant et celui de professeur.

 

Et maintenant, quelle est ton actualité ?

J’ai osé devenir indépendant et lancer ma propre entreprise : Nomade Studio. J’aide donc mes clients à améliorer leurs identités visuelles, au support marketing, aux stratégies de communication, etc. Par exemple, j’ai créé le logo de Didier Smeets, un chocolatier de renom pour lequel je travaillais depuis mes secondaires. Je partage actuellement un bureau avec lui depuis le déménagement de sa chocolaterie et je crée régulièrement des visuels pour son entreprise. Dans mon approche professionnelle, j’ai toujours une démarche éco-responsable et j’essaie d’éduquer mon audience un maximum.

 

Un conseil à nos étudiants ?

Il faut absolument avoir de l’audace et créer sa propre chance ! Si vous restez dans votre zone de confort, vous laisserez passer beaucoup d’opportunités cruciales pour votre carrière. Pour ce faire, essayez de remplir votre carnet d’adresses en faisant la rencontre de professionnels. Personnellement, je conseillerais aussi à tous les étudiants de tenter plusieurs jobs tant que vous êtes encore jeunes, pour découvrir ce qui vous plait réellement ! Et enfin, pour éviter la fatigue et pour décompresser un maximum, trouvez un bon équilibre entre temps de travail et temps personnel.

 

 

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Interview par Golab Nematzadeh

Nuit blanche et encre noire, le magazine de BD

L’an dernier, alors que le confinement battait son plein, les étudiant·e·s de B2 de la section Bande dessinée de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège ont commencé à réaliser le premier numéro du magazine de BD Nuit blanche et encre noire.

 

C’est dans le cadre du cours d’Infographie qu’est apparu ce projet. Les étudiant·e·s, en B2 à l’époque et à présent en dernière année, ont travaillé sur des thématiques très diverses allant du cinéma au paranormal en passant par les beaufs ou encore les mythes et légendes. Le magazine reflète la liberté d’expression sans tabou dont ils/elles ont pu profiter. Ces étudiant·e·s se également sont livré·e·s au travers de différentes interviews.

 

 

Ce premier numéro, imprimé avec l’aide de la maison d’édition de l’École, est dès aujourd’hui disponible à l’achat au service comptabilité, dans le bâtiment administratif (1er étage). Pour l’obtenir, il vous faudra simplement vous rendre sur place, durant les heures d’ouverture du service, muni·e de la somme de 14€ en liquide.

 

Le deuxième numéro est en phase de finalisation et sortira des presses dès la fin de l’année.

Jean Crémers, lauréat Grand Prix Jeunes Talents Quai des Bulles 2020

Diplômé de la section Bande dessinée de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège avec distinction, Jean Crémers nous parle de son parcours scolaire, ses accomplissements, mais également de ses futurs projets !

 

Jean, parle-nous de ton parcours en général…

J’ai grandi dans une famille qui a suivi un parcours scolaire dans l’enseignement secondaire général. Sans me poser de question, j’ai tracé le même chemin. Après mon diplôme, j’ai décidé de m’orienter vers des études biomédicales mais très vite, je me suis rendu compte que je ne faisais que dessiner pendant mes cours. Une de mes enseignantes m’a d’ailleurs conseillé de me réorienter, conseil que j’ai appliqué !

 

Tu t’es donc inscrit chez nous…

Je me suis naturellement dirigé vers Saint-Luc Liège grâce à mon grand-père, qui est passé par cette école. En plus, étant Liégeois, je connais la belle réputation de l’école ! D’ailleurs, pour raconter une bonne anecdote, j’ai recroisé cette fameuse enseignante (de mes études biomédicales), qui m’a fait un grand sourire quand je lui ai parlé de ma réorientation.

 

Qu’est-ce que tu as le plus retenu lors de tes années chez nous ?

Je dirais la liberté ! C’est lorsque je me suis inscrit à Saint-Luc que j’ai pris conscience de la liberté d’expression que les études artistiques nous offrent. Nous étions dans un cadre où nous partagions tous la même passion, que ce soit les étudiants ou encore les enseignants. Les deux enseignants qui m’ont particulièrement aidé à construire mon style de dessin et à m’assumer, même si je n’aime pas faire de préférence, sont Hugo Piette et Dominique Fléron.

 

Et une fois ton diplôme en poche ?

Je ne me sentais pas encore prêt à entrer dans le monde du travail. J’ai d’ailleurs commencé un master en Communication visuelle et graphique, mais j’ai très vite compris que le dessin me manquait énormément. J’ai tout naturellement décidé d’abandonner ces études et me remettre au dessin. Je suis actuellement en Master 2 en Bande dessinée à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège.

 

Tu viens de recevoir un prix : dis-nous-en plus !

Oui ! Avec un ami de Saint-Luc, nous avons tous les deux participé à un concours au Quai des Bulles, le même festival auquel Alix Garin (NDLR : une autre alumni de BD qui a remporté un prix avec son premier album), qui est d’ailleurs une amie proche, a participé. Il s’agissait de dessiner une planche sur le thème « 40 ans plus tard ». À ma grande surprise, j’ai été lauréat du Grand Prix jeunes talents, ce qui m’a permis de remporter une bourse pour la réalisation de ces planches. D’un autre côté, j’ai surtout beaucoup gagné en confiance car j’ai senti que mon travail n’était pas seulement valorisé par mes proches, il l’était aussi par le grand public. On gagne en notoriété et d’ailleurs, plusieurs éditeurs m’ont contacté depuis lors. Je conseille donc à tous les artistes de participer à ce genre de concours, vous ne perdrez rien et vous bénéficierez d’une visibilité accrue !

As-tu d’autres projets artistiques pour le moment ? 

Je travaille actuellement sur une BD avec le soutien de mes enseignants. J’ai une volonté de retravailler ce projet pour rendre le sujet accessible à tous, vu que cet aspect est important pour moi. Deux ou trois éditeurs m’ont d’ailleurs contacté pour concrétiser cette BD !

 

De quoi parle cette première BD ?

Il s’agit donc de l’histoire de deux frères qui partent pour la Norvège. L’ainé s’y rend pour se rapprocher de ses croyances nordiques tandis que le petit frère, qui a raté un son examen de dessin, profite pour le rejoindre et dessiner la nature. Ce projet est en fait une autofiction, puisque je me suis rendu en Norvège avec mon frère et c’est grâce à ce voyage que je me suis rapproché de lui. 

Un conseil à donner à nos étudiants ?

Mon premier conseil, qui est crucial dans le domaine artistique, est d’oser ! Rome ne s’est pas faite en un jour, il faut sans cesse pratiquer et apprendre de ses erreurs et surtout, ne pas avoir peur de se lancer. Par exemple, participez à des concours, même si vous ne recevrez pas de prix, vous allez quand même gagner en notoriété ! Un second conseil très important est d’accepter les critiques des éditeurs, c’est eux qui savent ce qui se vend et ils sont là pour concrétiser votre projet. Ne vous fiez pas seulement à votre imagination, nourrissez-vous d’informations et comparez vos projets aux autres dans le marché.

 

 

Suivez Jean Crémers pour plus d’actualité :

 @gia_cre

artstation.com/gia_cre

 

 

Une interview de Golab Nematzadeh,

stagiaire du service communication de l’École Supérieure des Art Saint-Luc Liège

Outre Muse éditions, la nouvelle maison d’édition de l’école !

Il y a quelques jours sortait des presses le tout premier livre de la nouvelle maison d’édition de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège. Un cap important pour mettre en avant les travaux de ses étudiant·e·s. Ce premier opus n’est autre que le catalogue de l’exposition Where I am, I don’t know, qui montre le travail des étudiant·e·s de dernière année de la section Photographie au Centre de la Croix-Rouge de Manderfeld.

 

Le projet de maison d’édition a été initié par un groupe d’enseignant·e·s de la section Communication Visuelle et Graphique. L’idée était de concrétiser avec les étudiant·e·s un projet grandeur nature et de le faire vivre au sein de l’école. Le but pédagogique ? Aborder par une approche transversale les différents acteurs de la chaîne du livre. Les étudiant·e·s sont au centre du projet : ils ont créé la maison d’édition, réfléchi à sa structure ainsi qu’à son nom : Outre Muse éditions. Pour le premier livre édité, ce sont les étudiant·e·s de CVG qui ont mis en page, géré l’impression… en collaboration avec les étudiant·e·s de la section Photographie, qui étaient à l’origine du projet Where I am, I don’t know.

 

À l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, cette initiative de valorisation des travaux réalisés par les étudiant·e·s en cours de cursus fait déjà des émules : d’autres projets éditoriaux inter-sections sont en cours, tout comme la création d’un pôle pour l’édition d’objets 3D. Une formule est également à l’étude pour permettre aux étudiants de valoriser eux-mêmes leurs propres projets individuels. L’École souhaite clairement s’inscrire dans la dynamique d’autonomisation des étudiants, entamant déjà leur professionnalisation au moment de leurs études. Le moyen qu’elle a choisi pour mettre en œuvre cela est la création d’une structure de soutien et de coordination appelée, Tous CréActeurs, en cours de création grâce au soutien de la Sowalfin. Structure dont nous vous parlerons bientôt au travers des différents projets en cours de développement !

 

Where I am, I don’t know : un projet, une expo, un livre.

L’an dernier, les étudiant·e·s de dernière année de la section Photographie se rendaient au centre St. Elisabeth Haus, un centre pour demandeurs d’asile géré par la Croix-Rouge, pour une semaine totale d’immersion afin de découvrir le quotidien des résidents. De cette semaine humaine unique et enrichissante découle une série de travaux hétéroclites, à la fois écrits, vidéographiques, photographiques et issus d’ateliers participatifs. Ceux-ci offrent des regards d’auteurs sur le quotidien des personnes demandeuses d’asile. Le résultat est à présent visible au Centre culturel Les Chiroux (jusqu’au 20 mars) et à la Cité Miroir (jusqu’au 13 mars).

Le catalogue est quant à lui disponible au Centre culturel Les Chiroux et chez Livre aux trésors, au prix de 18€.

Joyeux bordel !, enfin disponible

Alors que la pandémie mondiale en était à ses prémices, les étudiant·e·s de BAC 3 en Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège collaboraient avec le SIPS, le planning familial des jeunes situé en plein centre-ville, sur un projet qui vise à mettre en avant la vie relationnelle et sexuelle des jeunes. Le résultat ? Joyeux Bordel !

Sous-titré « Voici l’histoire touchante d’une jeunesse qui se livre », cet ouvrage souhaite démontrer qu’il est tout à fait normal de se sentir seul·e ou isolé·e lorsqu’on est jeune. Lors de l’élaboration du projet, le SIPS a récolté de nombreux témoignages d’adolescent·e·s et de jeunes adultes afin de synthétiser les pensées qui ressortaient le plus souvent durant notre jeunesse.

Après ces témoignages, le SIPS a désiré collaboré avec de jeunes artistes ; c’est pourquoi il est entré en contact avec Francine Zeyen, professeure d’illustration au sein de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège, et l’une de ses classes pour illustrer les ressentis de ces 200 jeunes contacté·e·s.

Les étudiant·e·s, alors en dernière année à l’époque, ont dû travailler non seulement sur la couverture, mais aussi sur les quatre grandes thématiques de ce livre, c’est-à-dire :

  • le rapport au monde ;
  • le rapport à soi ;
  • le rapport aux autres ;
  • le rapport sexuel.

La mise en page de ce livre a été réalisée par une alumni, Ganaëlle Godenne, créatrice du studio graphique Tampala.

 

 

Curieux·se ? Joyeux Bordel ! sera distribué bientôt dans certaines écoles et librairies pour seulement 4,50 € ! Rendez-vous chez Pax, BD Liège, La Parenthèse, Livre aux Trésors, Librairie Entre-Temps, La Grande Ourse, Wattitude

Pour plus de renseignements, veuillez vous diriger vers le site internet du SIPS ou leur page Facebook.

 

 

Un article de Golab Nematzadeh.

Ne m’oublie pas, premier album d’Alix Garin

Alix Garin, diplômée de la section Bande dessinée de l’École Supérieure des Art Saint-Luc Liège, a sorti Ne m’oublie pas aux éditions Le Lombard au mois de janvier et déjà en rupture de stock ! Elle nous parle de son parcours chez nous.

 

Alix, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Alix Garin, j’ai 23 ans et viens de la région de Liège. J’ai fait mes études au sein de la section Bande dessinée à l’ESA Saint-Luc Liège. Je suis à présent auteure et illustratrice.

 

Qu’en est-il de tes années à l’ESA Saint-Luc Liège ?

C’était une superbe expérience. Autant que je me souvienne, je me suis toujours intéressée au dessin. Dès le secondaire, je me suis naturellement préparée à intégrer une école d’art : j’allais aux expos organisées par l’école, mais aussi aux journées portes ouvertes… J’ai beaucoup aimé mes années là-bas car j’ai rencontré des personnes avec lesquelles j’ai eu une connexion. C’était une véritable émulation. Les profs aussi m’ont beaucoup apporté et m’ont enrichie, chacun à leur façon, avec leurs différents points de vue.

 

Une anecdote  sur ton passage à Saint-Luc ?

Je pense qu’un de mes meilleurs souvenirs, c’est lorsqu’on a fait les 24h BD à Saint-Luc. C’était accessible à tous les élèves de BD volontaires, accompagnés de quelques profs qui avaient passé la nuit avec nous, dont YUIO (Etienne Simon) et Hugo Piette. Tout le monde avait amené à manger, à boire, des bouilloires, des cafetières… Bref, on campait tous ensemble dans une classe en grattant les planches, c’était extraordinaire ! Il fallait scanner et uploader sur le site officiel une planche par heure et par personne, c’était un super défi !

Et sinon, tous les profs m’ont marqué à leur manière, je n’aime pas faire de préférence, mais Fifi (Philippe Sadzot) m’a vraiment aidée. En deuxième année, un moment où je me cherchais beaucoup artistiquement, il a sincèrement cru en moi, à tel point que j’ai eu un déclic et j’ai commencé à assumer pleinement mon style. Il m’a permis de faire de grands pas en avant !

 

Et une fois ton diplôme en poche ?

Après mes études, je comptais faire un master en motion design à Bruxelles afin d’être autonome et d’entrer dans la vie active. Durant ce cursus, je devais effectuer un stage dans une entreprise de communication. J’ai choisi Cartoonbase et ça m’a tellement plu que j’y travaille toujours !

Penses-tu qu’avoir été lauréate du prix Saint-Malo en 2017 t’a ouvert des portes ?

Lors de ma dernière année d’études, j’ai participé au festival de bande dessinée et d’image projetée Quai des bulles. J’y ai remporté un prix dans la catégorie Jeunes Talents. Celui-ci m’a permis de rencontrer mon éditeur, chez qui j’ai publié Ne m’oublie pas, mon tout premier album. À travers lui, il s’agissait pour moi d’aborder des thèmes comme le passage à l’âge adulte, les relations et les parents…

 

De quoi parle ce premier album ?

Ne m’oublie pas, c’est l’histoire de Clémence et sa grand-mère, unies par une amour presque maternelle. Clémence décide de faire fuguer sa grand-mère atteinte d’Alzheimer de la maison de retraite afin de l’aider à retrouver sa maison d’enfance. S’en suit un road trip au gré de la mémoire de la dame.

 

 

Ton actualité ?

Le 17 février prochain, sortira le livre C’est comment la première fois  d’Apolline Guichet dont j’ai fait les illustrations. C’est un super livre, je vous invite à le guetter sur les étagères de votre libraire préféré.

 

Quels conseils pourrais-tu donner à nos étudiant·e·s ?

Soyez ouverts d’esprit et curieux car être artiste ne dépend pas de l’école de laquelle on sort. Il est également nécessaire de beaucoup travailler, de montrer ses travaux à des professionnels et des maisons d’éditions afin de nouer des contacts ; ça apporte de la crédibilité. Et puis, vous n’avez rien à perdre : il faut oser ! Ça marche à presque tous les coups, et quand ça ne marche pas, au moins ça marque les esprits !

 

 

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 @alix_garin

 

 

Muguette RABAUD

Marine Deravet sort son premier album jeunesse

C’est aux éditions Expression de Sagesse qu’est sorti le premier album jeunesse de Marine Deravet, dans lequel elle illustre un texte de Nicole Lissoir. L’ouvrage s’intitule Le crayon écrivain et vient tout juste de sortir des presses ! Interview de cette alumni, plus que dynamique, de la section Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège.

 

Marine, commençons par ton parcours…

Je dessine depuis toute petite mais c’est une des activités à laquelle je m’adonne parmi tant, tant d’autres ! J’ai grandi dans une famille et dans un environnement avec des valeurs assez fortes, un intérêt prononcé pour le monde associatif… Du coup, j’ai choisi mon parcours scolaire en secondaire pour pouvoir servir ce côté engagé : je me suis orientée dans une option math fortes – sciences fortes parce que je me suis dit que les débouchés pourraient me permettre d’agir concrètement dans des domaines comme l’écologie, les Droits de l’homme, etc. D’ailleurs, en parallèle de mes études, je me suis engagée à deux reprises dans des voyages humanitaires au Bénin et au Sénégal, via l’association Défi Belgique Afrique. Mais j’étais aussi inscrite depuis toute jeune dans un mouvement de jeunesse, La maison extraordinaire à Athus, qui organise des activités pour enfants et adolescents avec handicap (autisme, IMC léger, handicap intellectuel ou sensoriel) en intégrant des enfants et adolescents ordinaires parmi eux, telle une inclusion inversée. C’était une activité extra-scolaire très enrichissante – je ne l’ai d’ailleurs pas quittée et y suis à présent co-coordinatrice.

 

Et comment t’es-tu orientée vers un parcours artistique ?

Même si l’art était constamment dans mon quotidien d’une manière ou d’une autre, après ma rhéto, je ne me suis pas directement inscrite dans une école d’art. Je suis à nouveau partie à l’étranger durant un an, plus précisément en Allemagne et au Royaume-Uni. En revenant, j’ai décidé d’aller à l’École Normale du Brabant-Wallon pour commencer un bachelier en instit’ primaire. Durant ce cursus, j’ai eu l’occasion de partir à l’étranger pour retrouver le Bénin dans le cadre de mon stage de dernière année.

Au moment de ma dernière année, il y a eu un grand mouvement d’immigration dans le monde ; ça a été un sujet d’actualité fort. En cours, on nous a présenté un dispositif pédagogique autour du livre Mon ami Paco (de Luc Baba et illustré par Marion Dionnet – une ancienne d’illu de Saint-Luc d’ailleurs) : une camionnette sillonnait les routes avec des livres jeunesse autour de la thématique de l’immigration tout en proposant des animations dans des classes. Pour mon TFE, j’ai travaillé en binôme à la réalisation d’une mallette pédagogique pour le livre Mon ami Jim de Kitty Crowther. Nous avons travaillé avec une classe DASPA (c’est-à-dire une classe passerelle pour des primo-arrivants) à lier l’art et le langage sous un angle ludique. Ce projet m’a vraiment fait réaliser que le dessin (ou tout autre processus créatif) pouvait m’aider à transmettre tout autant que le métier de pédagogue, tant aux enfants qu’aux adultes. Ce concept de transmission revient souvent dans ma vie – même maintenant, dans mon boulot dans un centre culturel.

 

Comment as-tu atterri à Saint-Luc Liège ?

Après mon TFE, je me suis vraiment rendue compte que je voulais transmettre tout en créant. J’ai donc voulu poursuivre des études artistiques et ai passé les épreuves d’admission de plusieurs écoles d’art en Belgique que j’ai réussies. Ce qui m’a décidée à venir à Saint-Luc à Liège, c’était d’abord l’attrait pour la Cité ardente, la possibilité de réaliser un master en sciences de l’éducation en parallèle mais aussi des bons échos que j’avais eus de l’école. Et puis, en venant sur le campus pour m’inscrire, je me souviens d’avoir eu un coup de coeur pour l’environnement dans lequel les cours se donnaient, avec ces grands espaces, les arbres, etc. J’avais eu un bon feeling en somme.

 

Et ses trois années à Liège, qu’en retires-tu ?

J’ai naturellement choisi l’illustration car elle me permettait de toucher à plusieurs techniques artistiques et processus créatifs. Cela correspond complètement à ma personnalité : j’aime tester, faire différents choix, etc. Ça a été une belle expérience en général, surtout que j’avais l’avantage d’avoir déjà mon bachelier en instit’ primaire. Cela permet d’aborder le cursus différemment, peut-être avec moins de pression. J’avais d’office une autre optique et une autre manière d’envisager les études. En tout cas, plus j’avançais, plus j’étais sûre de mon choix. J’ai adoré la liberté qu’on avait et qu’on nous donnait sur les projets. Cela correspondait tout à fait à ma vision des choses. Mes études artistiques ont été comme une aire de jeux pour mes ambitions et mes envies très diversifiées à la base. 

Aussi, j’ai beaucoup aimé la richesse des échanges, que cela soit entre étudiants ou avec les profs. Ces derniers se plaçaient dans une relation de proximité, sans dédain aucun, et nous accompagnaient, nous conseillaient sans nous dire « fais ceci, fais cela » et nous menaient à notre propre autonomisation au niveau du processus créatif.

Tout ça mis ensemble, j’ai pu faire énormément de tests et j’ai appris à me faire confiance tout en ayant écouté les retours constructifs de mes pairs ou de mes enseignants.

 

Après ton diplôme, que s’est-il passé dans ta vie ?

À l’exposition de fin d’année, mon travail a été repéré par Cathy Vandendriessche, la coordinatrice d’Expression de Sagesse (tout comme Delphine et d’autres étudiants). Elle m’a proposé de travailler avec des personnes participant à ses ateliers d’écriture et m’a associée avec Nicole Lissoir, de 50 ans mon aînée, attentionnée, curieuse et passionnée. Cathy a cette belle faculté de connecter les gens entre eux par ce qui les relie. Ici, Nicole avait écrit un texte qui parlait de son propre parcours avec Cathy sur le processus de création, sur le fait d’essayer encore et encore tout en gardant son propre plaisir. Cathy a directement fait le lien avec mon parcours et mes idéaux.

À droite, pages intérieures du livre / à gauche, Marine et Nicole en plein travail (©M. Deravet)

 

Et c’est ainsi qu’est né Le Crayon écrivain…

Oui, j’ai rencontré Nicole à maintes reprises pour monter ensemble ce projet de livre, dont elle a écrit le texte. Puis covid oblige, nous avons également dû travailler à distance. Ce projet a été pour moi une expérience unique et extrêmement enrichissante. Il y a eu énormément de discussions, d’échanges, de partage… C’est encore dans cette optique de transmission que je me suis investie dans le projet, j’ai pu mettre mes talents artistiques au service du talent d’écriture d’une autre personne. Et c’est justement mettre mes compétences au service de l’autre qui m’a le plus réjoui, surtout dans cette ambiance d’échange intergénérationnel.

À droite, gros plan de la couverture du Crayon Écrivain  / à gauche,pages intérieures du livre (©M. Deravet)

 

Quels sont tes plans pour le futur ?

Je travaille actuellement au Centre culturel Rotondes à Luxembourg ville. J’aime beaucoup l’aspect de transmettre ce que les artistes ont à dire à leur manière. J’ai demandé à travailler à temps partiel pour justement me consacrer à d’autres activités d’ordre personnel ou à des implications plus citoyennes. Cette liberté de temps va me permettre de nourrir ce côté mutli-disciplinaire, multi-engagé, que je chéris depuis toute jeune. Je peux travailler sur des livres, des missions de graphisme, de la customisation de meubles… En ce moment, je suis plutôt dans une optique de récup’ et zéro déchet ! Le tout, sans oublier que je suis toujours co-coordinatrice à La Maison extraordinaire.

 

Un conseil pour nos étudiant·e·s ?

Dans le processus de création, beaucoup d’émotions arrivent et parfois on se sent contraint. Et dans ces cas-là, il faut se rappeler de l’essentiel, de la raison originelle de pourquoi on dessine. La meilleure dynamique est à mes yeux d’être à l’écoute des autres mais surtout de soi et adopter une sorte de troisième voie qui nous ressemble. Rappelez-vous de pourquoi vous êtes là, à Saint-Luc ! Mon livre, Le Crayon écrivain, a été un projet très chouette pour moi et la façon dont il s’est construit sort des sentiers que l’on peut connaître (les maisons d’édition traditionnelles entre autres). Il y a d’autres projets comme Expression de Sagesse. Ouvrez vos yeux, ouvrez vos oreilles… Il y aura toujours des gens qui auront besoin de mettre leur projet en image(s) ! 

 

Se procurer Le Crayon écrivain

En magasins : La Parenthèse à Liège, La Dérive à Huy, Papyrus à Namur, Aux Mains des Artisans à Wellin

En ligne : via le site Expression de Sagesse

 

 

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Delphine Lismonde sort son premier livre pour enfants

Diplômée de la section Illustration de l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège en 2019, Delphine Lismonde a sorti L’Aigle et l’Oiseau, un livre jeunesse qu’elle signe avec une auteure originale, une personne âgée aux talents d’écriture certains : Sœur Céline. Rencontre avec notre alumni pour en savoir plus sur cet ouvrage.

 

Delphine, peux-tu nous parler de ton parcours en général ?

Dès mon enfance, le dessin a été omniprésent. J’adorerais cela mais quand il a fallu choisir mon école secondaire, les membres de ma famille voulaient que je suive plus ou moins leurs traces dans des domaines comme la médecine. Donc j’ai été inscrite dans une école prodiguant un enseignement général, l’Institut Sainte-Marie à Huy. Les quatre premières années là-bas n’ont pas été roses ; c’est plutôt en dehors de l’école que je m’épanouissais, notamment grâce à des cours d’aquarelle que j’ai commencé à mes 14 ans. C’était ma bulle, j’adorais vraiment y aller. Et poussée par mon professeur de dessin, je me suis résolue à demander à mes parents pour changer d’école secondaire.

 

Très tôt, Saint-Luc…

Je suis arrivée en 5e à l’Institut d’Enseignement Secondaire Saint-Luc Liège, rue Louvrex, pour entamer des études artistiques. Cela a été pour moi un énorme changement ! Autant avant j’étais super timide, autant à partir de ce moment-là, je me suis révélée : je faisais enfin ce dont j’avais envie ! Cela a eu des effets bénéfiques sur moi et mon entourage. En voyant que j’étais beaucoup plus épanouie, ma famille a accepté ce changement de cap et m’a soutenue. Après la rhéto, assez naturellement, je suis allée à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège – choix duquel je suis assez contente au final. C’est lors de mes années passées là-bas que j’ai rencontré des personnes vraiment géniales, avec qui je garde le lien toujours maintenant.

 

Comment se sont passées tes années chez nous ?

Comme pour le secondaire, j’ai bien aimé la proximité entre les profs et les étudiants, mais surtout le fait qu’on nous mette vraiment à l’aise. Mes années dans la section Illustration m’ont permis d’évoluer, d’améliorer ma pratique artistique, de rencontrer – comme je le disais – des personnes importantes… Le petit goût d’amertume qui me reste concerne mon TFE dont l’élaboration a été tourmentée : j’ai dû le postposter d’un an. Il m’a fallu digérer le refus de mon TFE puis recommencer le travail. C’était vraiment quelque chose qui occupait mon esprit à cette époque. J’ai retroussé mes manches et ai produit un TFE autour du syndrome du jumeau perdu avec une adaptation d’un texte de Platon et une technique de diluée et d’aquarelle. À l’exposition de fin d’année, j’ai été remarquée par Cathy Vandendriessche, qui s’occupe d’Expression de sagesse.

 

Que s’est-il passé suite à cette rencontre ?

Cathy Vandendriessche, via son association Expression de Sagesse, organise des ateliers d’écriture pour personnes âgées dans des homes. L’originalité est qu’elle souhaite le processus intergénérationnel car elle associe un auteur issu de ces ateliers avec un jeune illustrateur. Le mélange d’expériences et l’échange sont primordiaux. Sa première volonté était de nous expliquer, à moi et d’autres jeunes illustrateurs (dont certains issus de Saint-Luc) la dynamique de travail, la sensibilité des personnes âgées ainsi que leur fonctionnement. Elle souhaite qu’il y ait vraiment une connexion de personnalités entre auteur et illustrateur.

 

De gauche à droite : Delphine Lismonde et Sœur Céline ; des exemplaires de L’Aigle et l’Oiseau ; pages intérieures — © D. Lismonde

 

C’est comme ça qu’est né L’Aigle et l’Oiseau

J’ai rencontré une ancienne soeur qui réside dans un home à Banneux, elle s’appelle Sœur Céline. D’origine néerlandophone, elle a participé à l’atelier d’écriture pour faire passer le message suivant : l’acceptation des autres malgré la différence. C’est un thème que je partage et qui résonne fortement en moi : je suis d’origine vietnamienne et adoptée — c’est d’ailleurs un sujet qui revenait souvent dans mes travaux à Saint-Luc. Le livre L’Aigle et l’Oiseau s’adresse aux enfants entre 4 et 8 ans environ et raconte l’histoire, sous forme de conte, d’une maman oiseau qui se casse une aile et est éloignée de ses nouveaux nés alors qu’un aigle s’approche du nid. C’est une histoire qui nous parle de solidarité et je vous laisse la découvrir en tournant les pages du livre.

 

Comment as-tu vécu ce projet ?

Travailler avec une personne âgée m’a permis de pratiquer un échange d’expériences ; je me suis rendue compte qu’on ne fréquentait pas/plus/que trop peu les personnes âgées alors que c’est important quand on y pense. Ça a été une grosse expérience pour moi qui m’a remise sur pied d’un point de vue professionnel. Je suis déterminée à percer dans le domaine de l’illustration. Je suis proactive et contacte des maisons d’édition, des salons… Je suis d’ailleurs en train de préparer un deuxième ouvrage avec Expression de Sagesse.

 

Quel conseil pour nos étudiant·e·s ?

Quand on a envie de vivre de sa passion, je pense qu’il faut déjà commencer durant les années d’études à faire des démarches vers les éditeurs, les professionnels du milieu… Bref être dans une démarche dynamique et aller poser les questions directement aux maisons d’édition pour connaître leurs besoins, envies, exigences, etc. Même si on est formé en cours à tout cela, cela peut rester théorique, abstrait. Rien de tel que du concret, donc : dégainez votre téléphone !

 

 

Se procurer L’Aigle et l’Oiseau (éd. Expression de Sagesse)

En librairie : La Parenthèse à Liège, La Dérive à Huy, Papyrus à Namur

En ligne : via le site Expression de Sagesse

 

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L’ours qui chante, le nouvel album d’Émile Jadoul

Ce 14 octobre, sortira aux éditions l’Ecole des Loisirs-Pastel le nouvel album d’Émile Jadoul, enseignant à l’École Supérieur des Arts Saint-Luc Liège : L’ours qui chante.

Cet album nous emmène au moment où la lune se lève sur la forêt… C’est là qu’Ours chante ! Ours chante doucement pour endormir ses amis Lapin, Poulette et ses poussins, et son ami Merle. C’est Merle qui lui a appris toutes les chansons. Avant, Merle chantait pour toute la forêt, maintenant Merle est vieux. Alors depuis, Ours est sa voix.

 

Disponible dans toute bonne librairie !

 

emilejadoul.be